| Les maladies ORL
Cette section permet de mieux comprendre certaines maladies communes
dans la pratique médicale des ORL. Veuillez accéder à la
description de la maladie (ou condition médicale) qui vous intéresse
par le menu à gauche. Complétez votre recherche d’information
en consultant la section « Liens ». Bonne navigation !
Acouphènes  L'acouphène, ce bruit venu de l'intérieur Plusieurs croient que l'acouphène est une maladie grave et incurable.
Règle générale, il s'agit plutôt d'un phénomène
tout à fait naturel dont on peut s'accommoder et qu'il est possible
d'atténuer. Près d'une personne sur trois, à un
moment ou l'autre de sa vie, éprouvera un acouphène. Ce
bruit, provenant de l'intérieur du corps, fait partie du fonctionnement
de la machine humaine. Il trouve généralement sa source
de l'intérieur même de l'oreille, ou encore de structures
qui entourent l'oreille, tels les vaisseaux sanguins dans le cou. Dans la plupart des cas, cela ne dérange pas les gens et ils
ne s'en préoccupent pas outre mesure. L'acouphène vient,
puis repart; c'est une situation absolument normale. Ainsi, dans une
chambre complètement insonorisée, tout le monde entend
quelque chose, mais le cerveau filtre ces bruits, les gère.
Comme on peut voir sans regarder, on peut entendre sans écouter. Cependant, lorsque le cerveau, pour une raison ou une autre, se concentre
sur l'acouphène, il peut devenir très agaçant
pour la personne. Dans de très rares cas, ces bruits deviennent
gênants: moins d'une personne sur 200 devient obsédée
par un acouphène, peut-être à cause de facteurs
comme le stress. Elle focalise alors sur ce bruit et s'en inquiète.
Certains sites Web personnels contribuent d'ailleurs à entretenir,
sinon à développer cette anxiété, car,
souvent, ils ont été mis sur pied par des patients extrêmement
affectés, dont l'expérience malheureuse reste, heureusement,
exceptionnelle. Un symptôme plutôt qu'une maladie Sensation probablement normale, l'acouphène n'est d'ailleurs
pas une maladie, mais un symptôme. Il s'avère néanmoins
impératif de consulter un médecin afin qu'il pose un
diagnostic, question de s'assurer que l'acouphène n'annonce
rien de grave. Ces sons incongrus peuvent découler d'un problème
d'oreille (moyenne ou interne) ou d'autres parties du cerveau. Un bourdonnement
unilatéral peut aussi être la conséquence d'un
neurinome de l'acoustique, c'est-à-dire d'un kyste bénin
sur le nerf auditif. Rarissime, ce dernier est détecté à l'aide
d'un audiogramme et grâce à des tests d'imagerie par résonance
magnétique. Peu de patients consultent un professionnel de la santé spécifiquement
pour un acouphène. Ceux-là sont souvent très incommodés.
Par contre, si l'on pose la question à ceux qui consultent pour
une hypoacousie, ils admettent qu'ils ont des acouphènes, mais
affirment que cela ne les ennuie pas tellement. L'acouphène
touche communément les malentendants et, plus rarement, des
gens qui n'ont rien de particulier, chez qui cela se produit de façon
spontanée. On pense que tout ce qui endommage l'oreille (bruit industriel, musique
très forte d'un concert rock, etc.) pourrait causer un acouphène. À ce
titre, la prévention revêt la plus grande importance.
Par ailleurs, on sait, depuis un certain temps déjà,
que de très fortes doses d'aspirine < absorbées par
un arthritique, par exemple > peuvent provoquer ou aggraver des
acouphènes. Aux personnes aux prises avec des acouphènes et incapables
de s'y habituer, les médecins proposent deux avenues thérapeutiques.
D'une part, des médicaments, des antidépresseurs et des
antiépileptiques, peuvent être prescrits. Leur efficacité dans
le traitement des acouphènes a été démontré dans
plusieurs études. Ils aident en effet le système nerveux
central à mieux filtrer ces bruits. D'autre part, un traitement instrumental peut être envisagé,
dépendant de l'audition. Si la personne n'entend pas bien, on
lui donne une prothèse auditive, lui permettant de mieux entendre
et couvrant les bruits de l'acouphène. Si la personne a une
audition normale, on lui met dans l'oreille un générateur
de bruits, un petit appareil ressemblant à une prothèse
et produisant un bruit doux. Ce bruit de fond masque le bruit de l'acouphène;
il peut même être réglé à sa fréquence. Après plusieurs mois de ces traitements, une amélioration
est observable: le patient devient de moins en moins conscient de l'acouphène. Une routine très simple peut aussi aider à mieux vivre
avec un acouphène: utiliser un radio-réveil au moment
de se coucher. Comme c'est dans le silence que l'on remarque l'acouphène,
un peu de musique empêchera de l'entendre et permettra de s'endormir,
bercé par un air tranquille. Parfois, l'acouphène est récurrent. En revanche, des études
révèlent que pour 85% des personnes, cela ne les importune
plus vraiment après un certain temps. Quoi qu'il en soit, le pronostic à long terme est excellent.
De nombreux groupes d'aide sont là pour ceux qui ont besoin
de soutien. En outre, beaucoup de chercheurs étudient les acouphènes.
L'avenir est donc très prometteur quant aux traitements. Amygdales, adénoïdes et
végétations adénoïdiennes  Il se fait environ 17 400 amygdalectomies et/ou exérèse
des végétations adénoïdiennes au Québec
chaque année. Ces interventions chirurgicales se classent au
deuxième rang des opérations les plus fréquentes
pratiquées chez les enfants, et il n’est pas rare qu’un
adulte ait besoin d’une amygdalectomie. Les indications chirurgicales
se sont modifiées au cours des années, surtout depuis
l’apparition des antibiotiques, mais cela demeure une opération
valable qui améliore la santé de plusieurs enfants et
adultes. Des études récentes indiquent que l’adénoïdectomie
serait utile dans le traitement de certains jeunes enfants souffrant
d’otite moyenne chronique avec effusion (liquide dans les oreilles). Quelle est l'utilité des amygdales et des végétations
? Elles sont composées de tissus semblables à ceux des
ganglions lymphatiques que l’on retrouve dans le cou, l’aine
et à d’autres endroits du corps humain ; elles font partie
d’un anneau de tissu lymphoïde entourant le fond de la gorge.
Les végétations adénoïdes sont localisées à la
limite supérieure de la gorge, derrière le nez, et en
haut du palais. Contrairement aux amygdales, elles ne sont pas visibles
par la bouche sans l’utilisation d’instruments spéciaux.
Les amygdales, elles, sont deux masses de tissu situées à l’arrière
et de chaque côté de la gorge. Les amygdales et les végétations sont placées
de façon stratégique à l’entrée des
voies respiratoires où elles réagissent aux agents infectieux.
Elles combattent les bactéries et les virus et peuvent elles-mêmes
devenir infectées. On croit qu’elles sont ainsi en mesure
de développer des anticorps à ces attaquants et de contribuer à la
réponse immunitaire du système pour résister à de
futures infections. Ce rôle est particulièrement utile dans les premières
années de la vie, mais plus l’enfant vieillit, moins ce
rôle devient important. Il ne semble pas exister d’évidence
que les amygdales et les végétations soient importantes
après l’âge de trois ans. Une étude récente,
basée sur des épreuves de laboratoire et des examens
de contrôle, a démontré que des enfants qui doivent
subir la résection des amygdales et des végétations
ne risquent aucune diminution de leur immunité future. Le mythe populaire voulant que les amygdales et les végétations
filtrent les bactéries que nous avalons et respirons comme un
tamis de cuisine n’est pas fondé, car tout filtre pouvant
arrêter les bactéries microscopiques ne permettrait pas
le passage des aliments et rendrait alors l’alimentation impossible. Comment le médecin peut-il vérifier les amygdales
et les végétations ? L’examen primaire afin d’évaluer les amygdales
et les végétations comprend :
- l’histoire médicale,
- un examen physique,
- des cultures de bactéries,
- des radiographies,
- des tests sanguins,
- d’autres études sont également possibles.
Votre médecin fera l’histoire complète des problèmes
d’oreilles, de nez et de gorge et effectuera un examen de la
tête et du cou. L’examen du nez et de la gorge peut être
facilité par l’utilisation de petits miroirs ou d’instruments
flexibles. Il vérifiera aussi s’il y a présence
de ganglions dans le cou. Les cultures sont importantes dans le diagnostic de certaines infections
de la gorge, spécialement les infections à streptocoques.
L’indication ou non de faire une culture dépend du jugement
de votre médecin ainsi que de l’apparence de la gorge
lors de l’examen. Les cultures pour d’autres bactéries
et parfois pour les virus peuvent être prises mais sont rarement
utilisées. Les radiographies sont souvent utiles pour déterminer la dimension
et la forme des végétations adénoïdes. Ces
radiographies sont très sécuritaires. Quelles maladies affectent les amygdales et les végétations
? Chez l’enfant, les problèmes rencontrés le plus
fréquemment sont les infections récidivantes (maux de
gorge) et l’augmentation importante de volume (causant des troubles
de respiration et de déglutition). Chez l’adulte, les
infections récidivantes des amygdales peuvent également
se présenter comme des abcès péri-amygdaliens,
des amygdalites chroniques et des infections localisées dans
les cryptes des amygdales qui produisent une mauvaise haleine et des
dépôts blanchâtres. On peut également rencontrer
des tumeurs dans les amygdales, mais elles sont rares. Quand devrais-je consulter mon médecin ? Vous devriez consulter votre médecin lorsque vous ou votre
enfant souffrez de symptômes dus à des infections et /
ou une hypertrophie des amygdales et des végétations
qui se manifestent par des maux de gorge à répétition,
de la fièvre, des frissons, une mauvaise haleine, une obstruction
nasale ou un écoulement nasal postérieur, des infections
aux oreilles à répétition, une respiration buccale,
des ronflements, des troubles du sommeil, ou encore des arrêts
de la respiration durant le sommeil. Comment traiter les maladies reliées aux amygdales
et aux végétations ? Les infections sont traités d’abord à l’aide
d’antibiotiques, principalement celles dues aux streptocoques. L’exérèse des amygdales et / ou des végétations
adénoïdiennes peut être recommandée chez certains
enfants et adultes. Les deux principales indications de cette chirurgie
sont : 1) les infections à répétition en dépit
des traitements d’antibiotiques ; 2) les difficultés respiratoires
secondaires à une hypertrophie des amygdales et / ou des végétations.
L’obstruction respiratoire causera des ronflements et des troubles
du sommeil qui conduisent à des somnolences diurnes chez les
adultes et à une hyperactivité chez l’enfant. Certains
orthodontistes croient qu’une respiration buccale chronique,
suite à une hypertrophie des amygdales et des végétations,
cause une malformation du visage et un mauvais alignement des dents. L’infection chronique des amygdales et des végétations
peut aussi affecter des structures voisines comme la trompe d’Eustache,
canal situé entre l’arrière du nez et l’oreille
moyenne. Cette atteinte peut mener à des infections fréquentes
ou chroniques de l’oreille associées à des douleurs à l’oreille
ainsi qu’à une perte de l’audition. Chez l’adulte, la suspicion d’un cancer ou d’une
tumeur est une des raisons pouvant amener la résection de l’amygdale. Chez certains patients, spécialement ceux atteints de mononucléose
infectieuse, l’hypertrophie peut devenir sévère
au point d’obstruer les voies respiratoires. Chez ces patients,
le traitement à la cortisone est parfois utile. Comment doit-on préparer le patient pour la chirurgie
? Lorsque votre médecin décide de la nécessité de
pratiquer une exérèse des amygdales et des végétations,
vous devez vous préparer à l’opération.
Chez l’enfant, les parents doivent discuter ouvertement avec
celui-ci de ses impressions face à la chirurgie et le rassurer
fortement. On doit dire à l’enfant qu’il s’agit
d’une intervention suite à laquelle il devrait être
malade beaucoup moins souvent ; les parents doivent accompagner l’enfant
le plus possible avant et après l’opération. L’enfant
doit être au courant qu’il aura mal à la gorge après
la chirurgie, ses maux de gorge devant durer quelques jours. Il doit être
rassuré sur le fait que la chirurgie n’enlève rien
d’important et qu’elle ne changera pas son apparence. Pendant les deux semaines précédant la chirurgie, il
est conseillé que le patient ne prenne pas d’aspirine
ou autre médication contenant de l’aspirine. Il est très
important d’aviser le médecin de tout emploi de médicaments
ou s’il y a eu dans la famille des problèmes reliés à l’anesthésie.
Le chirurgien doit aussi s’informer si le patient présente
des problèmes de saignement, dans le cas d’une patiente
si elle est enceinte, ou si il y a eu prise de cortisone dans l’année
qui précède l’intervention. Habituellement, le patient ne doit rien avaler à partir de
minuit ; aucun liquide ou solide. Cette restriction s’applique également à mâcher
de la gomme, se rincer la bouche, sucer des pastilles ou se brosser
les dents. Si le patient ne suit pas ces instructions, l’opération
peut être remise, car il est dangereux d’endormir un patient
avec du liquide ou du solide dans l’estomac. Des prises de sang et un examen d’urine sont habituellement
demandés avant la chirurgie. À son arrivée à l’hôpital,
le patient sera dirigé vers une chambre ou une salle où on
le préparera pour la chirurgie. À l’arrivée à la
salle d’opération, le patient et sa famille rencontreront
peut-être l’anesthésiste pour répondre à certaines
questions. Le patient sera par la suite amené à la salle
d’opération et endormi. Des solutés sont habituellement
donnés pendant la chirurgie. Après l’opération,
le patient passe par la salle de réveil et dès que ses
signes vitaux sont stables et qu’il est suffisamment conscient,
il est retourné à sa chambre. Plusieurs patients peuvent
quitter l’hôpital dans la journée de l’intervention
chirurgicale, cependant il peut être nécessaire de garder
certains sous surveillance pour vingt-quatre heures. La durée
du séjour à l’hôpital est variable selon
chaque patient. Votre médecin assurera les soins pré et
post-opératoires et répondra à toutes vos questions
sur le sujet. Qu'est-ce qui peut arriver après la chirurgie ? Plusieurs manifestations post-opératoires peuvent se présenter
: problèmes de déglutition, vomissements, fièvre,
douleurs à la gorge et à l’oreille. Elles ne sont
pas rares et peuvent toutes se présenter chez le même
patient. Rarement un saignement post-opératoire surviendra ;
dans ce cas cependant, on doit en aviser immédiatement le médecin.
Il ne faut pas craindre de demander à votre médecin toute
question qui vous vient à l’esprit, car il est là pour
vous aider.
Cancer du larynx  Le cancer du larynx, une maladie de fumeur Touchant presque exclusivement les fumeurs, le cancer du larynx tue
toutefois moins que le cancer du poumon. Le cancer du larynx peut néanmoins
laisser des séquelles importantes et les récidives sont
possibles surtout si le patient continue à fumer. Bien que la première cause de cette maladie grave soit le tabagisme,
l'alcoolisme peut également contribuer au développement
de tumeurs, notamment au niveau du larynx supra-glottique. C'est pourquoi
l'oto-rhino-laryngologiste s'affaire d'abord à dresser l'historique
du cas lorsqu'un patient se plaint que sa voix a changé dernièrement,
d'une douleur dans la gorge irradiant jusqu'à l'oreille, ou
encore d'une difficulté à respirer. Ces symptômes
sonnent l'alarme assez rapidement pour permettre une intervention efficace.
La détection plutôt rapide des cancers du larynx s'explique
par le fait qu'une minime lésion de la corde vocale peut changer
le timbre de la voix . Malheureusement, certains refusent d'être à l'écoute
de ces signes et développent des symptômes plus graves
tels que la respiration bruyante («stridor») ou difficile
(«dyspnée») qui nécessitent une attention
médicale urgente. Quand l'oto-rhino-laryngologiste soupçonne un cancer du larynx,
il procède d'abord à un examen physique de base de la
bouche, du larynx (par miroir) et du cou (par palpation). Suit généralement
une rhino-pharyngoscopie (RPL), c'est-à-dire une investigation
réalisée à l'aide d'une petite caméra introduite
par le nez. D'une durée de 30 secondes, cet examen peut être
fait avec ou sans anesthésie locale. Différentes lésions
(polypes, nodules, leucoplasies ou plaques blanches) peuvent être
vues. S'il y a toute lésion rouge surélevée ou
ulcérée, une laryngoscopie, sous anesthésie générale,
s'ajoute au processus diagnostique. Traitements La suite des événements dépend du stade de développement
du cancer. Quand la tumeur n'atteint qu'une seule corde vocale, la
dépasse légèrement ou même la paralyse,
il est encore temps d'avoir recours à la radiothérapie.
Par contre, lorsqu'elle traverse le larynx, s'insinuant dans les cartilages,
une laryngectomie totale (la résection chirurgicale du larynx),
devient nécessaire. L'étendue de la tumeur et l'état
des ganglions déterminent si l'on doit ensuite procéder à la
radiothérapie. Pour un patient dont le cancer n'est pas trop avancé, il faut
compter de 30 à 35 séances de radiothérapie d'environ
une heure et demie chacune, donnée tous les jours de semaine,
pour venir à bout de la tumeur. Une sécheresse permanente
de la bouche et de la gorge constitue le principal effet secondaire, étant
donné que les radiations brûlent les glandes salivaires
en même temps que l'indésirable. Le patient peut avoir
plus de difficulté à avaler et sa voix peut sonner plus
sèche, rocailleuse. Pour palier ce désagrément,
un médicament, le Salagen, peut augmenter la production de salive.
Ce médicament engendre cependant certains effets secondaires
indésirables et n'est pas recommandé chez les patients
souffrant de maladies cardiaques. De la salive artificielle, c'est-à-dire
de l'eau additionnée de glycérine, en vente libre dans
les pharmacies, représente une alternative de soulagement. Par
ailleurs, des problèmes de glande thyroïdienne peuvent
survenir à long terme et requièrent occasionnellement
un soutien médical sous forme de comprimés (synthroid). Les effets secondaires varient d'un patient à l'autre et dépendent
des doses de radiothérapie administrées ainsi que de
l'étendue de la tumeur. Généralement, les effets
indésirables (fatigue et brûlure de la gorge) débutent à la
quatrième semaine de traitement et persistent de deux à six
mois après. La durée de ces effets secondaires détermine
le retour au travail. Prenant près de trois heures, la laryngectomie requiert quant à elle
un temps de récupération plus long. Le patient ne pouvant
pas manger pendant 10 à 14 jours, il doit demeurer hospitalisé pour être
alimenté grâce à un tube placé dans son
nez. Cela lui prendra de deux à quatre semaines à se
remettre, à moins qu'il ne doive en plus recevoir de la radiothérapie,
laquelle est administrée six semaines après la chirurgie. Le laryngectomisé doit réapprendre à parler puisqu'il
ne possède plus l'organe de la voix. Différentes avenues
s'ouvrent à lui. Dans tous les cas, un orthophoniste l'accompagnera
dans sa démarche, qui s'échelonnera sur un an. S'il n'a jamais eu de radiothérapie, le chirurgien peut laisser
un petit trou au niveau de sa gorge, pour y placer un implant. Celui-ci
doit être remplacé tous les quatre à six mois car
la voix qu'il émet devient moins claire, plus «baveuse»,
en raison des champignons qui ont tendance à proliférer.
Pour minimiser le phénomène, si les changements de prothèses
deviennent trop fréquents, le médecin peut prescrire
un anti-mycotique. Le patient a aussi la possibilité de se servir de sa voix œsophagienne.
Il s'agit cependant d'une technique difficile à maîtriser,
exigeant un apprentissage soutenu par un orthophoniste. Pour parler
avec la voix œsophagienne, il faut utiliser l'air qui circule
dans le tube digestif afin de produire des sons, de la même manière
qu'on éructe. Enfin, il existe des larynx électroniques, qui sont en fait
de petits dispositifs ressemblant à une paille que l'on met
dans la bouche et qui projettent un son modifié par les mouvements
des lèvres et de la langue. Pour prévenir les récidives de cancer, l'oto-rhino-laryngologiste
répète la rhino-pharyngoscopie tous les deux mois durant
les six premiers mois après le traitement. Si le patient continue à fumer
et à boire (de l'alcool), il augmente les risques de voir la
maladie resurgir. Quand la douleur revient ou quand apparaît
une bosse dans le cou, il est très probable que ce soit à cause
du cancer. L'espérance de vie est proportionnelle au contrôle
de la maladie. D'une incidence inférieure à 1%, le cancer du larynx
touche plus fréquemment les hommes de 50 à 70 ans, ayant
beaucoup fumé. Comme l'usage du tabac est plus répandu
qu'autrefois chez les femmes, elles sont de plus en plus à risque.
Congestion nasale 
Éliminer la congestion nasale pour mieux respirer Mal banal lorsque passager, le nez bouché, s'il l'est constamment,
peut devenir embêtant. Si ses causes varient souvent en fonction
de l'âge, il est généralement possible d'y remédier. L'hypertrophie des adénoïdes constitue la raison la
plus fréquente d'obstruction nasale, de respiration buccale
et de ronflements chez les moins de douze ans. Faisant partie du
système immunitaire, cette structure similaire aux amygdales,
située derrière le nez, au-dessus du palais, présente
un volume excessif chez certains enfants. Cela ne cause cependant
pas de congestion nasale chez tous les bambins, qui n'ont donc pas
tous besoin d'une intervention chirurgicale. Celle-ci représente
une importante proportion des chirurgies qui se pratiquent chez l'enfant,
bien qu'elle soit moins répandue qu'il y a une vingtaine d'années,
alors qu'il était presque normal de se faire enlever les amygdales
et les adénoïdes. Ceux qui doivent respirer la bouche ouverte le jour, même
en mangeant, et dont le sommeil est rendu inconfortable ont évidemment
avantage à subir l'exérèse des adénoïdes
car, comme il s'agit d'un problème mécanique, les médicaments
ne sont d'aucun secours. Toutefois, si un petit ronflement demeure
le seul désagrément observé, mieux vaut laisser
le temps faire son œuvre. Les adénoïdes régressent
en effet spontanément dès le début de l'adolescence
pour la grande majorité. Les enfants se font opérer, en moyenne, entre l'âge
de trois et cinq ans. Intervention d'un jour réalisée
sous anesthésie générale, l'exérèse
des adénoïdes ne requiert aucune précaution, sinon
d'éviter les médicaments risquant d'affecter la coagulation
(l'aspirine, par exemple). Dans le cas où l'enfant serait
grippé, elle serait reportée afin d'éviter les
complications. Concrètement, l'oto-rhino-laryngologiste passe (par la bouche)
un petit instrument tranchant sur la région des adénoïdes,
comme s'il prenait une fourchette pour râper du chou-fleur
cuit. Il applique ensuite un petit tampon pour contrôler le
saignement, qui cesse de lui-même. Même si l'enfant n'a
pas souffert d'amygdalites à répétition, on
peut proposer aux parents de procéder en même temps à l'amygdalectomie.
De fait, l'hypertrophie des amygdales, souvent concomitante à celle
des adénoïdes, contribue largement au problème
d'obstruction nasale. La douleur suivant l'opération ressemble à un mal
de gorge provoqué par une grippe. Habituellement, l'enfant
s'absente de l'école quelques jours et reprend ses activités
assez rapidement. Les problèmes d'allergies peuvent également être
responsables de la congestion nasale. Ils sont néanmoins plus
significatifs chez les adultes. Des médicaments fort utiles Lorsqu'on soupçonne un problème d'allergie, un bilan
allergique pourra confirmer le diagnostic. Les allergies saisonnières,
aux pollens et aux acariens, sont les plus communément à l'origine
d'obstruction nasale. Si l'on ne décide pas d'entreprendre
une immunothérapie, des médicaments peuvent s'avérer
fort utiles. Un vaporisateur nasal, à base de corticostéroïdes,
procurera un effet anti-inflammatoire et réduira les sécrétions.
Utilisé quotidiennement en période de pointe, il diminue
beaucoup les symptômes. Par ailleurs, il pourrait en résulter, à la
longue, une sécheresse nasale, accompagnée de petits
saignements, qui peuvent toutefois être soulagés par
des lubrifiants nasaux. Hormis l'inconfort que certains ressentent
lors de l'application du médicament, il s'agit du seul effet
secondaire observé. Quant à la crainte des effets indésirables de la cortisone,
elle est dorénavant injustifiée, parce que les nouveaux
vaporisateurs ont une biodisponibilité très diminuée.
Cela signifie que le pourcentage du médicament qui entre en
circulation dans le système est vraiment négligeable.
Il n'en demeure pas moins que l'on ne recommande pas un vaporisateur
nasal à une femme enceinte. L'usage d'antihistaminiques complète le traitement. Les antihistaminiques
topiques (vaporisateur nasal ou gouttes ophtalmologiques), pris périodiquement,
ont l'avantage de ne pas avoir d'effets systémiques, comme
la somnolence. Ceux-ci seraient malgré tout moins importants
avec les plus récents comprimés d'antihistaminiques,
pris en permanence. Le nez bouché peut également être une manifestation
de la polypose nasale. L'hypertrophie de la muqueuse sinusale déborde
alors dans le nez et forme des petites masses de chair qu'on appelle
des polypes. En outre, une perte partielle ou complète de
l'odorat, empêchant de sentir et de goûter les aliments,
est associée à la polypose nasale. Chez l'enfant, on doit d'abord éliminer la possibilité de
la fibrose kystique du pancréas. Chez l'adulte, la polypose
nasale, l'asthme et l'intolérance à l'aspirine vont
souvent ensemble: c'est la triade de Vidal, du nom de celui qui l'a
découvert. Un vaporisateur nasal peut, à long terme, faire diminuer
le volume des polypes, mais rarement les faire disparaître
complètement. Des comprimés de cortisone peuvent aussi être
pris périodiquement. Les patients se contentent rarement de
ce traitement et optent généralement pour la solution
ultime: la chirurgie endoscopique des sinus. Celle-ci permet non
seulement de réséquer le polype au niveau du nez, mais
d'en retirer la racine à l'intérieur des cavités
sinusales. Malheureusement, la polypose nasale étant une pathologie
chronique, elle peut récidiver chez certains patients. Un
suivi bisannuel ainsi que l'usage d'un vaporisateur nasal à base
de corticostéroïdes permet de diminuer les récidives. Des origines mécaniques L'adulte peut lui aussi souffrir d'une hypertrophie des adénoïdes,
notamment à la suite d'une mononucléose. Dans ce cas,
elles régressent spontanément. Une petite déviation du cartilage intérieur du nez,
c'est-à-dire de la cloison nasale, apparue à la naissance
ou suite à un traumatisme cause parfois de l'obstruction nasale.
Cette déformation peut se corriger chirurgicalement. La congestion
nasale peut aussi s'expliquer par une hypertrophie des cornets (structures
qui réchauffent et humidifient l'air qu'on respire). Congénitale,
secondaire à des allergies ou encore à une irritation
causée par la cigarette ou d'autres produits chimiques industriels,
elle peut se contrôler à long terme par l'usage de cortisone.
Lorsque la médication ne suffit pas ou lorsque cela fatigue
trop le patient, un oto-rhino-laryngologiste peut procéder à un
amenuisement des cornets. La chirurgie de la cloison nasale ou des cornets peut avoir pour
complication une infection au niveau du nez, à cause du pansement
qu'on place pour empêcher le saignement. De légers saignements
peuvent également survenir, s'il y a rupture d'un vaisseau
sanguin à la suite d'un effort. Enfin, l'obstruction nasale peut être la conséquence
de l'usage abusif de médicament tel les décongestionnants
utilisés à long terme ou de la cocaïne. Cette
substance crée un effet vasoconstricteur, pouvant entraîner
un phénomène de rhinite sèche, avec des croûtes
et une hypertrophie secondaire de la muqueuse, voire une perforation
de la cloison nasale.
Conseils pour assainir l'air de la maison et prévenir les problèmes ORL - Chambres à coucher de la maison 
Maintenir une humidité entre 35 et 50% et une température de 19 ou 20°C.
La meilleure façon de connaître ces paramètres est d’acheter pour la chambre de
l’enfant un petit hygromètre - thermomètre de table de chevet
(Canadian Tire, La Baie, Centre du rasoir etc.)
Une température ambiante de plus de 20°C et une humidité moindre que 35% assèche les sécrétions nasales et favorise les saignements de nez.
Si, à une température ambiante de moins de 20°C, votre enfant a toujours froid, lui faire porter un pyjama plus chaud et ajouter au besoin une couverture.
Si l’humidité est moins de 35%, acheter un humidificateur d’entretien facile. Ajouter tous les jours de l’eau fraîche et nettoyer l’humidificateur chaque semaine pour éviter la prolifération de moisissures. Pour maintenir une humidité entre 35 et 50% dans la chambre de l’enfant, il faut souvent fermer la porte de chambre de l’enfant pour contenir l’humidité dans la pièce.
Si l’humidité est de plus de 55%, acheter un déshumidificateur et nettoyer le déshumidificateur chaque semaine pour éviter la prolifération de moisissures.
Éliminer les tapis, carpettes, le mobilier rembourré et les accessoires difficiles à nettoyer (jupe de lit, baldaquin etc.). Aérer les chambres, tous les jours et pour quelques minutes, avec l’air frais de l’extérieur.
Éliminer les décorations « ramasse-poussière » et les peluches; l’enfant peut conserver au maximum un toutou ou un doudou dans toute sa chambre, incluant le garde-robe. Déplacer ces objets vers la salle de jeu et tenter d’en limiter le nombre…
Éliminer les oreillers et les douillettes en plumes et les remplacer par une fibre synthétique lavable (hypo-allergène). Dormir avec de la plume (oie, canard etc.), c’est un peu comme dormir avec l’animal dans sa chambre. Si l’enfant transpire et bave dans son oreiller, il faut régulièrement laver et au besoin racheter un oreiller.
Laver chaque semaine, à l’eau chaude, les draps et les couvertures: ceci permet de détruire les acariens contenus dans la poussière. Sécher les draps et les couvertures dans la sécheuse en cas d’allergie aux pollens. Sur une corde à linge, le pollen de l’air se déposera dans les draps pour se trouver en grande concentration en contact avec l’enfant. Pour plus de d’informations; consultez le dépliant « Conseils aux parents pour l’enfant asthmatique et allergique aux pollens » CHU Sainte-Justine
Pour les allergies connues aux acariens, recouvrir l’oreiller et le matelas d’une housse anti-acariens avec une fermeture Éclair. Ces housses sont vendues dans des magasins spécialisés (Allergo Medik, Action Allergie, Vital Air, Quorum etc.)
Passer l’aspirateur, au minimum 4 fois par année (à chaque saison), sur les surfaces du matelas et du sommier, et profiter de ce moment pour retourner le matelas de côté.
Évitez d’utiliser le dessous du lit comme un espace de rangement (boîtes, jouets), la chambre est une pièce pour dormir et non une salle de jeu.
Utiliser l’aspirateur sur le plancher chaque semaine (ne pas oublier le dessous du lit et les armoires) et passer idéalement une vadrouille humide par la suite.
Bannir les produits ménagers qui dégagent de fortes odeurs (nettoyants, boule à mites, désinfectants). Éviter d’utiliser des aérosols à purifier l’air. Toujours épousseter avec un linge humide pour éviter de vaporiser la poussière dans la chambre et la maison. Passer l’aspirateur sur les surfaces des meubles (chaise, divan etc.)
Si la chambre est chauffée à l’air pulsé, recouvrir la bouche d’aération d’un tissu filtrant (canevas de coton etc.) et le laver ou le changer régulièrement. Si le chauffage se fait par des plinthes électriques, défaire et nettoyez la plinthe régulièrement.
N.B. Épousseter une maison de six pièces accumule environ 40 livres de poussière par année…
TABAC
Aucune fumée de tabac ne devrait être tolérée avec les enfants et même idéalement avec les autres adultes (maison ou auto). Si on ne peut se défaire de cette mauvaise habitude, il est essentiel de ne pas exposer les autres à la fumée de cigarette. Au besoin sortir pour fumer en plein air, à l’extérieur de la maison ou de l’auto…Il n’est pas acceptable de fumer sous le ventilateur de la cuisine ou dans la salle de bain.
CHAUFFAGE ET AIR CLIMATISÉ
Un système de chauffage au bois est similaire à une maison de fumeurs. Pour les mêmes raisons, ce type de chauffage n’est pas recommandé (même comme appoint). Si vous utilisez un climatiseur d’air, les filtres doivent être changés ou nettoyés régulièrement.
PRÉSENCE DES ANIMAUX DE COMPAGNIE
Le simple fait d’avoir du poil d’animal en suspension dans l’air est un irritant pour les voies respiratoires. Idéalement avec des jeunes enfants (moins de 8 ans) qui souffrent fréquemment de congestion nasale (6 à 8 rhumes par année), il est recommandé de ne pas avoir des animaux dans la maison. Se limiter idéalement à un animal de compagnie de petite taille et qui ne perd pas son poil.
L’allergie est une réponse exagérée de l’organisme à un allergène. La réaction d’allergie survient habituellement après plusieurs contacts avec l’allergène. On peut ne pas être sensible au poil de chat pendant plusieurs années et le devenir…
De nombreux mythes existent sur des animaux non allergènes du fait que leur fourrure ressemble à de la laine ou à des cheveux. Que les poils de l’animal soient longs, courts, frisés ou raides, ils demeurent malheureusement une source d’allergie. En effet, ils transportent l’allergène principal : les pellicules de l’animal. L’enfant peut être sensible à la desquamation de la peau (pellicule), à la salive, à l’urine et la sueur de l’animal peu importe sa race.
Un bref contact avec l’animal peut être suffisant pour déclencher une réaction allergique immédiate alors qu’un contact prolongé entretiendra parfois des symptômes d’allergie plus subtils.
Pour plus de d’informations; consultez le dépliant « Conseils aux parents pour l’enfant asthmatique et allergique aux animaux » CHU Sainte-Justine
MOISISSURES
Maintenir un taux d’humidité plus bas que 50% et au besoin acheter un déshumidificateur. Nettoyer souvent les filtres du climatiseur, humidificateur et déshumidificateur. Nettoyer les taches noires ou vertes autour du bain ou de la douche ou des fenêtres.
S’assurer que la sécheuse à linge ventile vers l’extérieur. Conserver le minimum de plantes et éliminer les pots d’argiles. Ramasser les feuilles mortes autour de la maison avant que celles-ci ne deviennent trop mouillées. N’entreposez pas le bois de chauffage à l’intérieur.
Pour plus de d’informations; consultez le dépliant « Conseils aux parents pour l’enfant asthmatique et allergique aux moisissures » CHU Sainte-Justine
IRRITANTS
Évitez d’exposer les jeunes enfants aux vapeurs de décapants, peintures, poussière de rénovation etc. Les purificateurs d’air (Febreze® etc.) et les parfums d’ambiance sont potentiellement irritants pour les voies respiratoires.
N.B. Pour les enfants souffrant d’allergies formelles aux acariens, pollens, moisissures et poils d’animaux, des dépliants plus complets sont disponibles pour des conseils encore plus précis.
Hygiène nasale - Enfant de moins de 3 ans ou incapable de se moucher efficacement 
RECETTE D’EAU SALÉE
1. Faire bouillir dans une casserole propre 3 tasses (750 ml) d’eau du robinet et 1 cuillère à thé de sel de table pendant 10 minutes. Bien agiter pour dissoudre le sel.
2. Vider chaque semaine la solution saline restante de la petite bouteille de Salinex et nettoyer la bouteille à l'eau chaude savonneuse ou au lave-vaisselle. Bien rincer la bouteille avec une petite portion de votre préparation de solution d'eau salée pour enlever tout résidu potentiel de savon.
3. Verser la quantité requise d’eau salée pour remplir la petite bouteille.
4. Vous pouvez conserver au réfrigérateur le reste de la solution préparée, dans un contenant propre et fermé, pour un maximum de sept jours. Cette solution sert à faire le remplissage de la petite bouteille de Salinex au cours de la semaine.
N.B. :
* Garder la petite bouteille à la température de la pièce afin d’éviter d’appliquer de l’eau froide dans le nez de l’enfant.
* Pour éviter la contamination entre les membres d’une même famille, utiliser une bouteille par enfant. Bien identifier la bouteille de chaque enfant avec son nom.

TECHNIQUE D’APPLICATION
Se laver les mains avant et après les manipulations.
1. Coucher l’enfant sur le dos, la tête droite.
2. Appliquer 1 compte-goutte entier (1cc) par narine.
3. Nettoyer au besoin l’intérieur des narines avec un coton-tige mouillé (Q-tips®), au cas où des sécrétions séchées restent collées sur les parois intérieures des narines.
4. Appliquer de nouveau 1 autre compte-goutte plein (1cc) par narine.
5. Si votre enfant présente toujours des sécrétions nasales, refaire d’autres instillations de 1 cc en répétant les étapes 2 et 4 jusqu’à ce que l’enfant ait le nez propre avec un bon flot d’air.
6. Au besoin seulement, utiliser un mouche bébé vendu en pharmacie pour aspirer les secrétions nasales.
7. Pour les enfants de plus de 2 ½ ans, asseoir l’enfant la tête légèrement penchée vers l’avant et tenter de lui enseigner à se moucher une narine à la fois. Le meilleur truc pour apprendre à un enfant à se moucher est de placer un petit morceau de ouate sur la table de la cuisine et de lui demander de la déplacer en soufflant par son nez alors que sa bouche est bien fermée.
* Chez tous les enfants, cette technique est recommandée au minimum 4 fois par jour et de 5 à 6 fois par jour en cas de rhumes.
* Pour les enfants qui fréquentent la garderie ou l’école, cette technique doit être effectuée à la garderie ou à l’école par les éducateurs ou éducatrices, au minimum 2 fois par jour et 4 fois par jour en cas de rhumes.
N.B. : Profiter des moments où l’enfant est couché sur le dos lors des changements de couches pour effectuer cette technique d’hygiène nasale.
Hygiène nasale - Enfant de plus de 3 ans capable de se moucher efficacement 
RECETTE D’EAU SALÉE
1. Faire bouillir dans une casserole propre 3 tasses (750 ml) d’eau du robinet et 1 cuillère à thé de sel de table pendant 10 minutes. Bien agiter pour dissoudre le sel.
2. Vider chaque semaine la solution saline restante de la petite bouteille de Salinex et nettoyer la bouteille à l’eau chaude savonneuse. Bien rincer la bouteille avec une petite portion de votre préparation de solution d’eau salée pour enlever tout résidu potentiel de savon.
3. Verser la quantité requise d’eau salée pour remplir la petite bouteille.
4. Vous pouvez conserver au réfrigérateur le reste de la solution préparée, dans un contenant propre et fermé, pour un maximum de sept jours. Cette solution sert à faire le remplissage de la petite bouteille de Salinex au cours de la semaine.
N.B. :
* Garder la petite bouteille à la température de la pièce afin d’éviter d’appliquer de l’eau froide dans le nez de l’enfant.
* Pour éviter la contamination entre les membres d’une même famille, utiliser un vaporisateur par enfant. Bien identifier le vaporisateur de chaque enfant avec son nom.

TECHNIQUE D’APPLICATION
Se laver les mains avant et après les manipulations.
1. Asseoir l’enfant sur une chaise, la tête en position neutre (ni vers l’arrière ni en avant). Demandez-lui de vous regarder dans les yeux pour concentrer son attention et l’empêcher de bouger. Procéder délicatement pour éviter que l’enfant ne fronce le nez (l’eau salée pénétrera moins bien dans les cavités nasales).
2. Appliquer un premier cycle de 5 vaporisations dans chaque narine (ne pas boucher l’autre narine et ne pas demander à l’enfant d’inspirer l’eau salée durant les vaporisations).
3. Faire pencher la tête de l’enfant un peu en avant et le faire moucher une narine à la fois en lui demandant de fermer sa bouche de façon étanche.
4. Appliquer un autre cycle de 5 vaporisations dans chaque narine (répéter les étapes 2 et 3).
5. Si votre enfant expulse encore des sécrétions nasales, recommencer d’autres cycles de 5 vaporisations par narine, en répétant les étapes 2 et 3, jusqu’à ce que l’enfant ait le nez propre avec un bon flot d’air.
6. Nettoyer, au besoin, l’intérieur des narines avec un coton-tige mouillé, au cas où des sécrétions séchées restent collées sur les parois intérieures des narines.
N.B. : Nettoyer, au minimum une fois par jour, l’embout du vaporisateur en le passant sous l’eau chaude.
*Chez tous les enfants, cette technique est recommandée au minimum deux fois par jour (matin et soir) durant les mois de septembre à juin et de 3 à 4 fois par jours en cas rhumes.
*Pour les enfants qui fréquentent la garderie ou l’école, cette technique doit être faite à la garderie, par les éducateurs ou éducatrices, au minimum 2 fois par jour en cas rhumes.
Laser en ORL  Un outil précis et efficace aux multiples applications Utilisé en oto-rhino-laryngologie depuis déjà plusieurs
années, le laser permet notamment de traiter le ronflement,
les cicatrices d'acné, de même que le rhinophyma. Il
offre également la possibilité d'atténuer l'apparence
des rides. Véritable concentré d'énergie (sa
lumière est diffusée de façon parfaitement parallèle
et sans aucune dispersion), le laser constitue un allié de
choix pour les oto-rhino-laryngologistes, qui, grâce à lui,
peuvent aujourd'hui réaliser des interventions remarquables. Fini le ronflement! Plusieurs patients consultent spontanément un oto-rhino-laryngologiste
pour un problème de ronflement, souvent à l'initiative
de leur conjoint. D'autres encore sont dirigés par leur médecin
de famille. Le spécialiste procède d'abord à un
examen afin de déterminer la cause du ronflement et sa localisation.
De nombreuses pathologies, en particulier au niveau des voies nasales,
peuvent contribuer au ronflement, sans compter les hypertrophies à la
base de la langue ou au niveau des parois pharyngées. Des facteurs comme le tabac et l'alcool aggravent le ronflement.
C'est pourquoi on essaie de les éliminer avant de procéder à une
chirurgie. Dans certains cas, le simple fait de mettre fin à ces
mauvaises habitudes règle le problème. Et, dans tous
les cas, il promet une meilleure guérison. Le traitement au laser est indiqué quand le ronflement est
causé par des vibrations au niveau du palais et de la luette.
Il s'agit d'une intervention consistant à réséquer
la plus grande partie de la luette et à faire des incisions
ainsi que des scarifications au niveau du bord libre du palais mou à l¹aide
du laser au CO2. Cette technique s'appelle l'uvuloplastie assistée
du laser. Quand le ronflement a une origine autre que palatine < une
apnée du sommeil, par exemple > , il faut procéder à un
autre type de chirurgie, selon les techniques conventionnelles en
milieu hospitalier. L'uvuloplastie se déroule dans le cabinet du médecin
et dure de 15 à 20 minutes. La chirurgie, réalisée
sous anesthésie locale à la xylocaïne avec épinéphrine,
par injection au niveau du palais et de la luette, ne nécessite
aucune incision extérieure. Cela ne provoque pratiquement
pas de saignements. Il faut en moyenne trois séances, chacune espacée
d'environ un mois, afin que les tissus récupèrent bien.
L'oto-rhino-laryngologiste peut alors évaluer la progression
du traitement, c'est-à-dire la diminution des symptômes. Après la chirurgie, le patient reçoit des anti-inflammatoires
ainsi que des anti-douleurs pour une période de sept à dix
jours, pendant laquelle on recommande une diète molle, sans
irritants locaux (alcool, jus acides, mets épicés).
Le patient doit également maintenir une hygiène buccale
adéquate: se brosser les dents de façon régulière
et se rincer fréquemment la bouche à l¹eau salée. Le patient poursuit ses activités normalement. Il faut toutefois
se souvenir que l'intervention est pratiquée sur des régions
mobiles, qui bougent à chaque respiration et à chaque
déglutition, entraînant ainsi de la douleur. Les contre-indications à l'uvuloplastie assistée du
laser sont les problèmes de coagulation et l'âge avancé.
Les complications possibles, qui sont rares, sont des contractures
de plaies. Bien que le ronflement soit un problème fonctionnel, ni la
RAMQ ni les assurances personnelles ne remboursent l'intervention.
Les prix varient entre 1000$ et 1500$ pour le traitement complet.
Les frais de médicaments sont en sus. Corriger les imperfections de la peau Auparavant, les patients aux prises avec des cicatrices d'acné ou
qui voulaient faire enlever des petites rides devaient subir une
chirurgie sanguinolente ou un peeling chimique. Le chirurgien risquait
d'endommager le derme et le phénol pouvait détruire
les mélanocytes et entraîner une hypopigmentation. Aujourd'hui, le chirurgien travaille tel un artiste avec son pinceau
grâce au laser, qui est branché à un ordinateur.
La technique est très précise, permettant des interventions
esthétiques, comme enlever des pattes d'oie ou des rides autour
de la bouche. De plus, un peeling réalisé avec le laser
ne produit aucun saignement, comme si l'on enlevait la peau d'une
tomate sans toucher à sa chair. Le spécialiste utilise donc le laser pour créer une
lésion thermique contrôlée, ce qui permet l'ablation
de l'épiderme produisant une peau de texture plus lisse et
homogène. Celle-ci doit être préparée
au moins deux semaines à l'avance avec une solution contenant
de l'acide glycolique ou de la vitamine A. Ainsi, elle absorbera
alors beaucoup mieux l'énergie du laser. L'administration
d'anti-viraux est recommandée pendant quelques jours car le
laser active l'apparition de l'Herpes-Simplex. L'infection demeure
rare. La plupart des traitements au laser se font sous anesthésie
locale, sauf lorsqu'on intervient sur une grande surface. Il est
alors préférable de procéder à une anesthésie
générale. Avec le laser, l'oto-rhino-laryngologiste peut intervenir sur les
cicatrices d'acné, sur les cicatrices hypertrophiques et sur
les rides statiques. En revanche, le laser ne peut rien contre les
rides d'expression, puisque ce sont les muscles qui sont en cause.
Les lasers les plus utilisés dans les traitements des rides
sont l'Erbium et le CO2. Le premier est indiqué dans le traitement
des rides fines car son absorption est superficielle. Le deuxième
est indiqué dans le traitement de rides plus profondes en
raison de sa plus grande absorption. Il est souvent préférable
de réaliser le travail en plusieurs traitements afin d'éviter
une lésion profonde qui pourrait résulter en la formation
de tissu cicatriciel. Les résultats d'un peeling peuvent durer
plusieurs années dépendant du type de peau et de la
protection solaire appliquée. Toute maladie dermatologique, hypertension ou allergie au produit
d'anesthésie locale représente une contre-indication.
L'intervention ne convient qu'aux personnes au teint pâle,
car les autres risquent de développer de l'hyperpigmentation.
Les Noirs risquent particulièrement de se retrouver avec des
chéloïdes (cicatrices anormales). Cette technique permet également au chirurgien de traiter
le rhinophyma (brandy nose) en faisant littéralement une sculpture
du nez. On peut aussi rajeunir les paupières en pratiquant
des incisions et ce, sans saignements. L'intervention n'est pas très longue et doit de préférence
avoir lieu l'automne ou l'hiver parce que la peau ne doit pas être
exposée au soleil. De plus en plus, on applique une pellicule
protectrice sur la peau après la chirurgie. En la gardant
environ cinq jours, on accélère le processus de guérison.
Les patients ont avantage à consulter une esthéticienne
pour apprendre à camoufler les rougeurs, qui disparaîtront
au bout de quelques semaines. LASER : acronyme de Light Amplification by Stimulated Emission
of Radiation contracture de plaie: cicatrice fibreuse très dense, qui
peut amener un rétrécissement important du palais
Masses cervicales chez l'enfant  Les masses cervicales chez l'enfant Pouvant survenir à la naissance ou à n'importe quel âge,
les masses cervicales chez l'enfant commandent une intervention médicale
afin de prévenir des complications potentiellement fâcheuses.
Toute tuméfaction au niveau du cou mérite une évaluation
d'un oto-rhino-laryngologiste, qui pourra en identifier la cause,
parfois de concert avec une équipe multidisciplinaire, et
indiquer la voie à suivre. Différents types de masses cervicales sont congénitales.
Par exemple, un bébé peut naître avec un torticolis, à cause
d’une bosse très dure, située sur le trajet du
muscle sterno-cléido-mastoidien, muscle qui part de la pointe
de l'oreille et qui longe tout le cou. Ce torticolis peut être
si important que le nouveau-né en a la tête penchée
et qu'il est impossible de la redresser. La physiothérapie
et des massages répétés peuvent l'aider à guérir
et à faire résorber la bosse. Il arrive cependant qu'un
torticolis congénital laisse une asymétrie du crâne
et qu’on ait besoin d’avoir recours à la chirurgie
pour relâcher le muscle. Lorsqu'on observe une masse violacée dans le visage ou dans
le cou de l'enfant, il s'agit le plus souvent d'un hémangiome,
un problème d'origine vasculaire complètement indolore.
Celui-ci peut continuer à se développer jusqu'à ce
que l'enfant atteigne l'âge de deux ans, après quoi
il peut régresser et disparaître totalement, de manière
spontanée. Tant que la masse demeure externe, ce n'est pas
très grave, hormis sur le plan esthétique. Par contre,
des problèmes fonctionnels de déglutition, de respiration,
de vision ou d’audition peuvent se manifester si une partie
de la masse vient s’appuyer sur un organe vital. C'est pourquoi
une évaluation globale, effectuée par divers spécialistes,
s'avère souvent nécessaire dans les cas d'hémangiomes.
En phase de prolifération, l’équipe multi-disciplinaire
peut envisager un traitement à la cortisone, par voie orale
ou intraveineuse. Une embolisation artérielle, en d'autres
mots une intervention radiologique visant à réduire
l’apport sanguin vers l’hémangiome, peut être
indiquée. Elle réduira le volume et la coloration de
l’hémangiome. Pour les cas superficiels on peut avoir
recours à des traitements au laser. Quand une anomalie intervient dans le développement des canaux
lymphatiques, l'enfant peut se retrouver, dès sa naissance
ou souvent avant l'âge de deux ans, avec une très grosse
masse souple, pleine de liquide, envahissant le cou ou la face et
s’étendant parfois dans la cavité buccale. On
les appelle des lymphangiomes. En raison de leur positionnement,
la résection chirurgicale comporte d’importants risques
d’atteinte des structures nerveuses. Rares sont les cas qui
régressent spontanément. Ces kystes peuvent s’infecter
et engendrer des abcès. La sclérothérapie constitue
donc une option intéressante, puisqu'elle permet de boucher
les canaux lymphatiques, un peu de la façon dont on traite
les varices. Tout comme pour les hémangiomes, la science ignore à quoi
attribuer les lymphangiomes. Le kyste thyréoglosse, quoique d’origine congénitale
et présent à la naissance, ne pourra être détecté qu’à la
suite d'une infection des voies respiratoires. Ce kyste s'avère être
un résidu embryonnaire du trajet de la glande thyroïde
et se situe au milieu du cou. Des antibiotiques aident à en
faire diminuer la taille, mais ne préviennent pas les récidives.
Le problème, relativement fréquent, ne peut cependant
se corriger que chirurgicalement. Les kystes branchiaux, d'autres
résidus embryonnaires, parfois associés à des
fistules sous forme de petits orifices cutanés, se situent
dans les zones latérales du cou et s'enlèvent aussi
au moyen d'une chirurgie, qui peut s’avérer plus ou
moins complexe à cause d’un trajet qui peut être
profond et s’étendre jusqu’à la gorge. D'autres masses cervicales sont d'origine inflammatoire. La mycobactérie
atypique, par exemple, est une infection des ganglions qui touche
un certain nombre d'enfants, le plus souvent vers un âge situé entre
deux et cinq ans. Malgré leurs ganglions enflés, ces
enfants se portent admirablement bien; cependant leurs ganglions
vont finir par coller à la peau, devenir tout violacés
et couler à travers la peau. Malheureusement, la mycobactérie
atypique est méconnue de plusieurs médecins et les
biopsies pratiquées dans un but diagnostique ne font qu’allonger
le temps de guérison. Le microbe de la mycobactérie
atypique ressemble à celui de la tuberculose sans partager
pour autant sa gravité. Comme à ce jour il n'existe
aucun médicament efficace contre cette bactérie, la
chirurgie reste le meilleur traitement curatif de cette pathologie. Quelques virus, ceux de la rougeole, de la rubéole et de
la varicelle, entre autres, causent parfois des tuméfactions
ganglionnaires au niveau du cou. La mononucléose infectieuse,
maladie fréquente des jeunes adolescents, provoque aussi un
gonflement des ganglions et s’accompagne d’une amygdalite
et d’une grande fatigue. Le repos et la patience sont les seules
armes à offrir face à cette affection. La maladie de la griffe du chat peut aussi être responsable
d'une masse cervicale. Les symptômes apparaissent trois à dix
jours après avoir été griffé par le félin.
On préfère éviter les chirurgies pour ce genre
de pathologie et on donne des antibiotiques. La guérison ou
l'involution de la masse peut prendre de deux à six mois. Des fois, suite à un traitement dentaire, une personne peut
développer des tuméfactions au niveau de la mâchoire
ou du cou ; il s’agit en fait d’un abcès qui peut
engendrer des fistules à cause d’un micro-organisme
spécial appelé actinomycose. Il existe aussi d’autres
situations où des adénopathies cervicales peuvent apparaître,
telle la toxoplasmose qui est véhiculée par des viandes
contaminées, ou les ganglions que l’on voit chez des
enfants immuno-supprimés. Enfin, certaines masses cervicales sont carrément des tumeurs.
L’imagerie radiologique, tels l’échographie, la
tomodensitométrie (Scanner) ou la résonance magnétique,
permet de bien les visualiser et de les identifier. Certaines masses
sont bénignes tels les kystes, lipomes et laryngocèles
(une forme de hernie de la muqueuse du larynx). Il est beaucoup plus
rare d'en voir des malignes, comme des lymphomes, qui par ailleurs
frappent davantage les garçons que les filles, ou des tumeurs
malignes qui prennent origine dans les muscles, les glandes salivaires
ou l’os des mâchoires.
Maux d'oreilles  Les maux d’oreilles : à prendre au sérieux Très fréquents chez l’enfant, les maux d’oreilles
peuvent aussi affecter les adultes. S’ils sont souvent symptômes
d’une infection, les maux d’oreilles peuvent également
se manifester dans d’autres pathologies. Pour éviter
les dommages que pourraient causer une auto-médication inappropriée
et les complications entraînées par des traitements
d’efficacité douteuse, la prise en charge par un médecin
s’avère cruciale. De plus, elle permet de s’assurer
que rien de dangereux n’est à l’origine de la
douleur. Les maux d’oreilles peuvent provenir de l’oreille même
ou y être référées, c’est-à-dire
dériver de maladies ne touchant pas l’oreille. Les douleurs
provenant de l’oreille peuvent être d’origine traumatique,
inflammatoire, tumorale, névralgique ou infectieuse. Ce dernier
point sera traité en détail plus loin. Souvent évidentes, les douleurs d’origine traumatique,
secondaire à un coup direct, peuvent s’accompagner d’un
hématome (accumulation de sang sous la peau) ou d’une
fracture. Par ailleurs, un corps étranger introduit dans le
conduit de l’oreille peut le blesser le tympan, les osselets
ou même l’oreille interne. Une pression prolongée
sur le pavillon peut aussi provoquer une douleur à l’oreille. Des brûlures, qu’elles soient solaires ou chimiques
(caustiques), provoquent des inflammations douloureuses. Certaines
maladies systémiques (la goutte, par exemple) ou la périchondrite
(inflammation de l’enveloppe d’un cartilage) peuvent
atteindre l’oreille. Celle-ci peut être le siège
d’une tumeur, bénigne ou maligne. Dans ce cas, la douleur
sera progressive et soutenue. Il peut s’agir d’un cancer
de la sphère oto-rhinolaryngologique (de la gorge, par exemple). Plusieurs nerfs peuvent causer des douleurs très aiguës.
Par ailleurs, il est fréquent qu’un dysfonctionnement
de l’articulation de la mâchoire entraîne des maux
d’oreilles. Douleurs d’origine infectieuse Se manifestant par des symptômes différents, deux types
d’otites peuvent survenir : l’otite externe ou otite
du baigneur et l’otite moyenne. Il n’existe pas à proprement
parler d’otite interne, car lorsque la partie interne de l’oreille
s’infecte, il s’agit généralement d’une
labyrinthite, qui affecte plutôt l’équilibre. L’otite externe Infection localisée à la peau du conduit auditif externe
et parfois du pavillon, l’otite externe survient suite à une
inflammation et non après un rhume ou une grippe, et n’est
donc pas associée à une détérioration
de l’état général. On parle d’otite
du baigneur parce que l’humidité successive à plusieurs
baignades est propice à l’infection. En effet, si l’oreille
n’est pas bien asséchée, les canaux sécrétant
le cérumen se bouchent et les bactéries s’y accumulent.
L’introduction de corps étrangers dans l’oreille,
comme des cotons-tiges constitue également un facteur de risque,
car cela peut traumatiser la peau très fragile du conduit. Moins de 24 heures après le début de l’infection,
la douleur s’installe et augmente progressivement. Le fait
de bouger le pavillon de l’oreille l’amplifie. Si l’on
ne traite pas l’otite externe assez rapidement, s’ajoute
un écoulement épais, coloré et nauséabond.
Celui-ci peut remplir et éventuellement boucher le conduit
auditif, diminuant ainsi le niveau de l’audition. Chez des
gens qui ne consulteraient pas ou qui sont immunodéprimés
par une maladie chronique comme le diabète, l’infection
pourrait s’étendre jusqu’à la conque ou
au visage et donner une cellulite. Toutefois, la guérison prend normalement moins d’une
semaine lorsque l’infection est soignée avec des gouttes
anti-inflammatoires et antibiotiques prescrites par un médecin.
Quant aux gouttes vendues sans ordonnance, elles sont moins efficaces;
le médicament étant moins concentré. Elles peuvent
cependant être néfastes si la douleur n’est pas
due à une otite externe. Des gouttes dans une oreille normale
peuvent tuer les bonnes bactéries et causer des infections à champignons.
Elles peuvent également être toxiques pour l’oreille
interne et causer des dégâts irréversibles chez
quelqu’un qui aurait une perforation du tympan. L’otite moyenne Infection bactérienne aiguë avec accumulation de pus
de la région située entre le tympan et l’oreille
interne, l’otite moyenne est la plupart du temps une complication
d’un rhume banal. C’est d’ailleurs la maladie infectieuse
pour laquelle les enfants reçoivent le plus souvent des antibiotiques.
Pour parvenir à l’oreille moyenne, les bactéries
passent par la trompe d’eustache, une petite communication
dans le naso-pharynx. Ce passage est plus facile chez l’enfant,
parce que la trompe d’eustache est plus grandement ouverte
et son orientation est horizontale plutôt qu’oblique.
De 75% à 80% des enfants vivent au moins un épisode
d’otite entre l’âge d’un et de six ans. Toutes les maladies desquelles découlent des problèmes
du mucus ou des cils vibratiles (comme la fibrose kystique), les
allergies, ainsi que les masses dans le naso-pharynx, prédisposent
aux otites. Certains environnements (particulièrement enfumés
ou envahis par la poussière ou la sciure de bois, par exemples)
peuvent aussi constituer des facteurs de risques. Enfin, les enfants
en garderies sont davantage sujets aux otites en raison du nombre élevés
de contacts avec d’autres personnes. Un enfant atteint d’une otite moyenne peut être irritable
ou incapable de dormir, parce que la pression dans l’oreille
augmente à l’horizontale. Un adulte se plaint plutôt
de surdité, car l’otite peut altérer sa capacité auditive
d’environ 30 décibels. Lors d’un examen physique, le médecin constate d’abord
que l’oreille externe est normale, mais que le tympan est rouge
et bombé, généralement à cause des sécrétions.
Le médecin peut également procéder à une
pneumo-otoscopie, c’est-à-dire vérifier la mobilité du
tympan avec un otoscope, en mettant un peu de pression à l’aide
d’une poire. Un tympanomètre, un petit appareil automatique,
peut aussi mesurer la compliance du tympan. Afin d’accélérer la résolution des symptômes
et de prévenir les complications, il faut traiter les otites
moyennes aiguës avec des antibiotiques. Trois bactéries
sont principalement responsables de ces infections : le streptocoque
pneumonique (30% des cas), l’hemofillus influenzae (20% des
cas) et le moccarella cataralis (10% des cas). Il n’est donc
pas impossible que deux antibiotiques différents soient nécessaires.
Le médecin essaie d’abord de traiter avec un antibiotique
pas trop puissant pour éviter de sélectionner trop
rapidement des souches résistantes. Les effets secondaires
les plus fréquents sont des troubles digestifs, comme la diarrhée. Les autres traitements À ce jour, l’efficacité des thérapies
alternatives n’ont pas été démontrées
scientifiquement. Des gens se sont même brûlés
avec des bougies auriculaires. Quant à la chiropractie, les
théories selon lesquelles elle pourrait diminuer l’incidence
des otites sont farfelues. Certains chiropraticiens prétendent
qu’en faisant des manipulations au niveau des vertèbres
cervicales, ils arrivent à améliorer la fonction des
trompes d’eustache. Or, celles-ci fonctionnent parce qu’elles
se ferment chaque fois qu’on avale et sont innervées
par de très petits nerfs crâniens, qui ne viennent pas
du cou. S’il n’y a pas de traitement ou si le traitement de
l’otite moyenne s’avère inefficace, des complications
peuvent survenir, comme une perforation du tympan. Celle-ci se résout
généralement d’elle-même et ne laisse pas
de séquelles, hormis une petite cicatrice. Par contre, il
arrive qu’un petit trou subsiste. On entend alors moins bien
et l’oreille n’est plus étanche à l’eau,
donc davantage vulnérable aux infections répétées. Dans certains cas, les osselets se brisent et rendent l’audition
mauvaise. Une opération s’impose alors pour réparer
les dommages. Plus rare, l’extension de l’infection vers
d’autres structures peut se révéler dramatique
: mastoïdite, labyrinthite bactérienne (de laquelle résulte
une oreille morte), abcès cérébral, méningite
ou encore paralysie faciale. À long terme, des tumeurs de
peau peuvent se développer et détruire l’oreille
moyenne et l’oreille interne. L’otite silencieuse L’otite silencieuse touche surtout les enfants et ne présente
pas de symptôme sinon une baisse de l’audition, à cause
du liquide derrière le tympan. Bien qu’il soit stérile,
ce liquide peut devenir plus épais après un certain
temps (autour de trois mois) et être foyer d’infection.
Il peut être la conséquence d’infection bactérienne,
d’allergies, d’un mauvais fonctionnement de la trompe
d’eustache, d’une hypertrophie des végétations,
voire d’anomalies de la fonction des cils vibratiles. Des antibiotiques à dose
préventive peuvent parfois être efficaces, ou encore
une auto-insufflation tubaire. Quand le liquide reste dans l’oreille, l’oto-rhino-laryngologiste
peut décider d’installer des tubes transtympaniques,
qui seront parfois accompagnés d’une chirurgie complémentaire
comme une adénoïdectomie. Ces tubes servent à ventiler
l’oreille, court-circuitant la trompe d’eustache. Ils mesurent environ 2 par 3 millimètres. Le plus souvent,
ils seront spontanément expulsés après une période
de 6 mois à 2 ans. Il existe aussi des tubes qui peuvent rester
en place plusieurs années et d’autres qu’on insère
sous la peau.
Otite  Qu'est-ce que l'otite ? L'otite moyenne représente l'un des problèmes médicaux
les plus courants chez les enfants. Deux enfants sur trois développeront
une otite avant l'âge de trois ans. L'otite est causée
par une bactérie ou un virus qui pénètre dans
le nez ou la gorge et va infecter l'oreille moyenne en passant par
la trompe d'Eustache. On estime que 85% des cas sont provoqués
par des bactéries alors que 15% sont dus à des virus. Aujourd'hui, plus d'enfants développent des otites qu'auparavant à cause,
notamment, du style de vie moderne. Il n'est pas rare que les deux
parents travaillent et que l'enfant se retrouve très tôt à la
garderie. Or, le contact avec les autres enfants favorise la transmission
des maladies en général et de l'otite en particulier. À cela s'ajoute le fait que la structure de l'oreille de l'enfant
n'est pas encore pleinement développée. Entre autres,
la trompe d'Eustache ne fonctionne pas encore adéquatement.
La trompe d'Eustache est un tube qui relie l'oreille moyenne à la
gorge et a comme principale fonction d'ajuster, en s'ouvrant ou en
se fermant, la pression de l'air dans l'oreille moyenne. Diverses maladies
comme la grippe ou les infections au sinus et à la gorge peuvent
provoquer une inflammation de la trompe d'Eustache et entraîner
l'infection bactérienne de l'oreille moyenne. C'est pour cette
raison que les otites apparaissent souvent au cours des mois d'hiver. Les symptômes L'infection provoque l'inflammation de l'oreille moyenne, c'est ce
que les médecins appellent une otite (oto-oreille et ite-inflammation).
Une fois l'oreille infectée, du pus s'accumule derrière
le tympan et cela entraîne des douleurs dans l'oreille et la
perte de l'audition. Les enfants peuvent alors devenir irritables,
avoir tendance à se toucher souvent l'oreille, avoir de la difficulté à manger
et à dormir, faire de la fièvre et présenter des
symptômes qui s'apparentent à la grippe (nez bouché,
difficulté respiratoire, toux). Dans le cas d'une infection sévère, le tympan peut se
perforer et du liquide peut s'écouler de l'oreille. Mais plus
souvent, l'inflammation de la trompe d'Eustache empêche le pus
de s'échapper de l'oreille. Le liquide s'accumule alors dans
l'oreille moyenne et peut entraîner des otites à répétition
qui nécessiteront parfois une intervention chirurgicale. La durée de l'inflammation varie considérablement d'un
enfant à l'autre. Une otite peut disparaître au bout de
48 heures, même sans traitement, ou durer quelques semaines,
selon que l'enfant réponde bien ou mal au traitement. Le traitement De manière générale, le traitement de l'otite
se fera au moyen d'antibiotiques comme la pénicilline. Il est
vrai qu'entre 80 et 90% des otites guérissent seules. Pourquoi
alors donner des antibiotiques à tous les enfants qui développent
une otite? Les données actuelles de la science ne permettent
pas aux médecins de cibler les cas qui pourraient guérir
sans l'aide des antibiotiques. Et les spécialistes s'entendent
pour ne pas prendre de chances avec les otites, les complications étant
parfois très graves (perforation du tympan, perte d'audition,
paralysie faciale, etc.) Dans certains cas, une otite non traitée
peut dégénérer en méningite 48 heures après
l'infection. Avant l'introduction des antibiotiques, un enfant sur cinq (20%) ayant
une otite développait ce genre de complications. Grâce
aux antibiotiques il est maintenant rare qu'un enfant développe
des complications. Les antibiotiques sont donc efficaces pour combattre
l'infection et réduire les risques de complications. Mais il
est important de bien suivre la prescription du médecin et de
donner aux enfants le traitement en entier. Les parents ont souvent
la tentation de mettre un terme au traitement lorsque les symptômes
disparaissent. Or, il faut savoir que les bactéries peuvent
demeurer actives durant plusieurs jours après le début
de la médication. Certains enfants, comme on l'a dit, développent des otites à répétition.
Dans ces cas, il est possible que le médecin propose l'installation
d'un tube trans-tympanique. Ce tube aérateur peut aussi être
proposé aux enfants qui ont une accumulation de liquide derrière
le tympan depuis plus de trois mois. Le médecin ne prend pas
cette décision à la légère. Avant de procéder à l'installation
d'un tel tube, il tiendra compte de divers facteurs comme le retard
de langage chez l'enfant, la persistance de liquide à l'intérieur
de l'oreille moyenne ou les récidives d'otite. Ce tube préviendra
l'accumulation de liquide et rétablira la pression de l'air
dans l'oreille moyenne. Et la médecine naturelle ? Certains parents hésitent à donner des antibiotiques à leurs
enfants. Ils préfèrent avoir recours aux produits naturels, à la
chiropractie ou encore à d'autres médecines dites alternatives.
Pourtant, rien aujourd'hui ne permet d'affirmer que ces traitements
sont efficaces considérant que 80% à 90% des otites guérissent
d'elles-mêmes. Or, les approches naturelles ne peuvent prévenir
les complications qui surviennent dans certains cas et c'est pourquoi
il est nécessaire de recourir aux antibiotiques. Quoi faire à la maison ? L'infection de l'oreille moyenne peut provoquer des douleurs très
vives chez l'enfant. Cette douleur se poursuit durant plusieurs heures
suivant l'infection. Malheureusement, les antibiotiques n'ont pas pour
effet de diminuer la douleur. Pour ce faire, il est recommandé de
donner aux enfants des analgésiques (Tylénol, Tempra,
etc.). Consultez votre médecin le plus rapidement possible.
L'enfant qui a mal aux oreilles n'a pas nécessairement une otite.
La douleur peut être provoquée par l'éruption dentaire,
une pharyngite ou une amygdalite. Peut-on faire de la prévention ? Certains gestes simples peuvent aider à diminuer les risques
d'infection de l'oreille chez les jeunes enfants. Pour réduire
les risques de contagion, il est recommandé, entre autres, de
choisir une petite garderie (six enfants et moins), de maintenir l'air
de la maison propre et sain (la fumée affecte les voies respiratoires
des enfants) et d'éviter de donner le biberon lorsque l'enfant
est couché (le lait ou le jus peut remonter jusque dans l'oreille
et favoriser l'infection).
Otoplastie  La protubérance des oreilles Pour un enfant, avoir les oreilles «décollées» ou
en «portes de grange» signifie souvent être ridiculisé,
abaissé, rejeté, et peut entraîner une perte de
l'estime de soi. Cette malformation des oreilles, bien qu'elle n'entraîne
aucune complication d'ordre médical, peut avoir des effets négatifs
sur le développement psychologique des enfants. Affublés
d'oreilles trop proéminentes, ils font bien souvent l'objet
de railleries et de sarcasmes, particulièrement de la part des
autres enfants qui fréquentent la garderie ou l'école. Ce problème peut facilement être corrigé par une
intervention chirurgicale mineure. Dans 85% des cas, la proéminence
de l'oreille est due à une malformation congénitale qui
fait en sorte que la courbure du pavillon de l'oreille ne se replie
pas vers l'arrière, ce qui donne l'impression que l'oreille
est «décollée» du crâne. Ce problème
peut s'accompagner d'une hypertrophie ou d'une croissance excessive
de la conque de l'oreille. La conque est la cavité de l'oreille
externe qui mène au conduit auditif. Mais dans ces deux cas,
l'intervention chirurgicale demeure bénigne. L'intervention se fait habituellement à l'hôpital ou
parfois à la clinique médicale du médecin. L'opération
dure environ une vingtaine de minutes par oreille et se fait sous anesthésie
générale ou locale, selon l'âge de l'enfant ou
d'autres indications médicales. Il faut discuter du choix de
l'anesthésie avec votre médecin. La procédure chirurgicale consiste à reformer cette
courbure manquante et à ramener la conque plus proche au crâne.
Après une incision de la peau derrière le pavillon de
l'oreille, le chirurgien fera de petites incisions (hachurer) sur la
surface externe du cartilage de l'oreille de manière à briser
la couche élastique. Ce faisant, l'oreille se recourbe naturellement
de l'autre côté ou vers le crâne et prend une forme
plus normale. Des sutures sur le cartilage peuvent être utilisées
par certains chirurgiens pour renforcer ou pour remplacer les incisions
du cartilage. Dans le cas d'hypertrophie de la conque, le chirurgien
enlève une partie du cartilage ou fait des sutures pour corriger
cette imperfection. Après cette intervention, le médecin placera un bandage
légèrement compressif sur la tête de l'enfant pour éviter
que des hématomes, qui sont des accumulations de sang dans les
tissus, ne se développent. Les hématomes constituent
le principal risque dans ce genre d'opération. Ce bandage devra être
gardé en place durant trois à cinq jours. Par la suite,
il est recommandé que l'enfant continue de porter un bandeau élastique
pour le confort et pour éviter que l'oreille plie durant le
sommeil. La période après la chirurgie est peu douloureuse. L'enfant
peut ressentir des douleurs légères durant la première
journée suivant l'intervention. C'est normal. Ces douleurs sont
facilement contrôlables par l'administration de Tempra ou de
Tylenol et disparaissent après quelques jours. Les risques associés à l'opération sont minimes
lorsque la procédure est réalisée par un médecin
compétent. Au Québec, les oto-rhino-laryngologistes (ORL)
réalisent ce type d'intervention. En général, les médecins attendent que l'enfant
ait cinq ans avant de procéder à la correction de ses
oreilles. À cet âge, le développement de l'oreille
est terminé à plus de 90%. De plus, c'est l'âge
où l'enfant est à la veille d'entreprendre l'école
où sa vie sociale s'épanouira. Les enfants qui veulent
changer d'apparence coopèrent mieux avec les professionnels
de la santé et sont souvent plus satisfaits des résultats. Certains parents hésitent à consulter un ORL pour ce
problème de proéminence de l'oreille. Plusieurs croient
encore que l'oreille va se replacer toute seule à l'adolescence
ou plus tard. Ce n'est jamais le cas. Une intervention toute simple
peut éviter bien des souffrances psychologiques aux enfants
affublés d'oreilles «décollées». Cette
opération se pratique également chez les adultes.
Paralysie de Bell  Une paralysie faciale au visage méconnu Décrite par Charles Bell en 1821, la paralysie de Bell, aussi
connue sous l’appellation de paralysie faciale périphérique,
portait à l’origine le nom de paralysie faciale idiopathique
et n’avait alors aucune cause directe associée. Près de deux siècles après sa découverte,
cette affection génère encore de nombreux questionnements.
D’ailleurs, le diagnostic en est un d’exclusion. Certains
symptômes éliminent d’emblée une paralysie
de Bell : les spasmes faciaux, la baisse de l’audition, les vertiges
et une progression de la paralysie sur plusieurs semaines. En définitive,
la paralysie de Bell peut être formellement identifiée
lorsqu’une personne présente subitement une paralysie
faciale comprenant toutes les parties de la figure d’un même
côté, c’est-à-dire le front, l’œil
et la bouche, et chez qui on ne trouve aucune autre cause. Sans signe avant-coureur particulier, la paralysie survient subitement,
en 24 heures, et récupère spontanément dans la
majorité des cas. Les antécédents familiaux n’entrent
pas en ligne de compte, il n’existe pas de moyen de prévention,
bien que l’incidence augmente avec l’âge. Par ailleurs,
des études récentes tendent à l’associer à une
infection virale du nerf facial. Il a fallu attendre 1972, pour que soit véritablement proposée
la toute première hypothèse virale, avancée par
Mc Cormick qui suggérait l’herpès simplex comme
agent vecteur (cf. Lancet 1 :937 à 939 en 1972) puis en 1994,
Burgers RC et al dans The annals of Otol-Rhinology-Larynology (p. 775,
779) ont mis en évidence la présence de DNA de l’herpès
simplex de type 1 dans le nerf facial. Cette conclusion a été confirmée
dans d’autres études au moyen d’une Polymerase chain
reaction amplification, (une technique d'amplification d'un segment
d'ADN compris entre deux régions de séquences connues
par un procédé d'extension d'amorce), qui permet de mettre
en évidence l’herpès simplex dans différents
endroits du corps, dont le nerf facial. À la suite de cette découverte, la définition
de la paralysie de Bell a tendance à glisser vers une paralysie
faciale périphérique causée par l’herpès
simplex de type 1. Paralysie faciale unilatérale de toutes les branches du nerf
facial, la maladie progresse rapidement surtout durant les premiers
jours, cela dit, pour certains patients elle peut demeurer toujours
partielle. Il est fréquent, dans les premiers temps, que le
patient se plaigne d’une douleur localisée derrière
l’oreille. Parmi les 20 personnes sur 100 000 affectées annuellement par
la paralysie de Bell, le pronostic s’avère plus réservé lorsque
la paralysie complète s’installe avant le cinquième
jour. Quant à la récupération, elle est complète
dans 71% des cas, pour13% on la qualifie de satisfaisante et dans 16%
des cas la récupération est insatisfaisante, les risques
de récidives sont de 10%. Beaucoup d’éléments à préciser Faute de pouvoir réaliser des études épidémiologiques
très poussées, la paralysie de Bell est bercée
par de nombreuses suppositions, particulièrement en ce qui a
trait aux personnes dites à risques. Dans une perspective logique,
les individus porteurs du virus de l’herpès sous sa forme
récidivante seraient plus susceptibles de développer
une paralysie de Bell. Il appert impossible néanmoins, de préciser
si la paralysie est la résultante d’une primo infection
ou du virus réactivé, puisque aucune étude n’a été orientée
en ce sens. L’origine virale permet aussi de supposer que les personnes
atteintes de maladies systémiques auraient une propension plus
grande à la paralysie de Bell. Un exemple qui illustre bien
cette tendance, la paralysie de Bell est 4,5 fois plus fréquente
chez les personnes atteintes de diablète. La chirurgie, l’ultime solution est multi-conditionnelle Le traitement de la paralysie de Bell est avant tout médical
et ne concerne qu’une partie des personnes affectées puisque
la majorité des paralysies faciales vont récupérer
d’elles-mêmes. Globalement, le traitement vise environ 29% des cas. A priori, la
corticothérapie a été une formule thérapeutique
longtemps répandue. Une récente étude menée à double
insu démontre que la combinaison d’Acyclovir (antiviral)
et de Prednisone se montre efficace dans 93% des cas. C’est d’ailleurs
le traitement le plus répandu aujourd’hui. Le traitement par association Prednisone et antiviral est plus efficace
s’il débute rapidement puisque l’impact de l’antiviral
décroît après cinq jours – et c’est
vrai pour toutes les infections virales – lorsque que le traitement
est commencé trop tard l’antiviral a peu d’effet. En ce qui concerne la récupération, le véritable
pronostic ne peut être obtenu qu’avec des tests électriques
(électroneuronographie). Certains patients présentent
des pronostics moins intéressants en raison de la réponse
de l’organisme au traitement médical ou parce qu’ils
présentent des déficiences immunitaires ou qu’ils
suivent un traitement médical incluant l’immuno-suppression
comme c’est le cas pour les greffés de moelle par exemple. Le recours à la chirurgie demeure rare et multi-conditionnel,
essentiellement parce la réussite chirurgicale est tributaire
d’éléments bien précis. Avant d’envisager
la chirurgie, la paralysie de la figure doit être complète
et ne doit pas répondre au traitement médical. La fonctionnalité du
nerf facial doit être établie à l’aide de
tests électriques à partir de la troisième journée
de la paralysie complète et l’issue de l’électroneuronographie
doit révéler une dégénérescence
du nerf facial de 90% et plus. Le respect du délai de prescription pour l’électroneuronographie
est déterminant afin d’assurer sa fiabilité. En
effet, le nerf, même s’il est complètement détruit,
peut continuer de répondre à la stimulation électrique,
si test est réalisé en deçà de trois jours
après le début de la paralysie. En raison de cette énumération d’éléments,
le recours à la chirurgie est rarement envisagé. D’autant
plus que pour être véritablement efficace, l’intervention
doit être pratiquée entre le 3e et le 14e jour. Il importe
donc de comprendre qu’une chirurgie pratiquée trop tard
ou sans tenir compte des facteurs énumérés précédemment
n’améliore aucunement la récupération de
la paralysie.
Pathologies des glandes salivaires Les pathologies des glandes salivaires sont multiples et se subdivisent
en deux principales catégories soient les problèmes non-néoplasiques
(infections, des pathologies inflammatoires ou encore des problèmes
liés aux conduits salivaires) et les néoplasies (tumeurs)
bénignes (non cancéreuses) et malignes (correspondant à différentes
sortes de cancer). Les pathologies affectent, à différents
degrés, trois glandes salivaires principales : la glande parotide
(devant l’oreille et dans la joue des côtés du visage),
la glande sous-maxillaire (sous la mâchoire) et la glande sub-linguale
(sous la langue). Les cas les plus fréquents rencontrés en cabinet ORL
sont attribuables aux problèmes des conduits salivaires et principalement
des calculs (sialolithiase) qui se forment dans les conduits salivaires
et viennent bloquer la livraison de la salive dans la bouche. Lors
d’un repas, quand la livraison de la salive s’accélère,
la salive s’accumule. Conséquemment, la glande salivaire
enfle, de façon non douloureuse toutefois, et le problème
se résorbe de lui-même dans un intervalle d’une
demi-heure à trois heures. Dans près de 90% des cas, la sialolithiase atteint les glandes
sous-maxillaires. Elle peut aussi se manifester auprès de la
glande parotide. On dit souvent que les calculs sont solitaires puisque
les lithiases bilatérales sont rares et surviennent dans seulement
2% des cas, par contre, le nombre de pierres est multiple dans 25%
des cas. Les tumeurs qui affectent les glandes salivaires varient selon les
différentes glandes salivaires. Règle générale,
plus la glande est grosse, moins il y a de tendance vers le cancer.
Cette affirmation est corroborée par des statistiques voulant
que 80% des néoplasies qui concernent la parotide, la plus grosse
des glandes, soient de natures bénignes. Pour la glande sous-maxillaire,
les tumeurs sont bénignes dans 50% des cas et malignes dans
50 % des cas. Finalement, la glande sub-linguale et les autres glandes
mineures dans le plancher de la bouche et à travers les surfaces
de la bouche, la tendance est plutôt vers des tumeurs cancéreuses. Les causes de ces pathologies demeurent imprécises. Contrairement
aux autres tumeurs dans la région de la tête et du cou
qui sont largement dues à la cigarette et l’alcool, les
tumeurs des glandes salivaires n’ont pas de facteur prédisposant
solide, hormis peut-être une expérience de radiothérapie à faible
dose dans le passé. Les personnes qui ont reçu ce traitement
peuvent développer une tumeur, surtout à la glande thyroïde,
et dans de rares cas aux glandes salivaires. Diagnostic : une attention importante accordée au récit
du patient En général, ce qui amène les patients vers une
consultation en ORL est la présence d’une masse au niveau
des glandes ou une histoire de sialolithiase caractérisée
par une enflure momentanée au moment des repas. Cela dit, qu’il
s’agisse d’une pathologie non-néoplasique ou encore
d’une tumeur bénigne ou maligne le procédé diagnostic
passe d’abord par une attention particulière au récit
du patient qui vient souvent préciser et favoriser un diagnostic
rapide. L’auscultation, avec un doigt intra-buccal, permet aussi
de compléter le diagnostic en décelant la présence
d’une pierre dans le conduit ou d’une masse près
des glandes, dans ce dernier cas, un prélèvement à l’aiguille
est effectué pour fins d’analyse. Bien que l’analyse n’identifie pas une pathologie à 100%,
elle indique en revanche, les investigations appropriées. Dans
le cas d’une masse persistante, un scan de la région de
la glande et du cou est ensuite recommandé pour examiner la
glande en elle-même, les tumeurs qui s’y trouvent et les
caractéristiques radiologiques ou encore les ganglions suspicieux. Certains facteurs viennent aussi suggérer une pathologie cancéreuse
: des ganglions enflés, une progression rapide de la tumeur,
l’affectation du nerf facial, l’invasion de peau et des
autres tissus. S’ils sont présents, ces facteurs sont
jugés inquiétants et pointent vers une tumeur maligne. Une masse près des glandes salivaires peut suggérer
un processus infectieux ou une tumeur (bénigne ou maligne).
Dans le cas d’une infection, l’évolution d’une
masse prend quelques jours. La région de la glande est douloureuse
ce qui peut limiter l’ouverture de la bouche. La peau dans la
région de la glande affectée est rouge et peut occasionnellement
s’accompagner de fièvre. À l’opposé,
une tumeur n’est pas douloureuse, ne cause pas de fièvre
et évolue à travers plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Aussi, lorsque la tumeur a déjà dépassé les
limites de la glande, il arrive que la peau qui couvre la glande soit
affectée. Le cancer peut aussi avoir des effets sur les ganglions
situés dans le cou qui deviennent enflés. Finalement,
une tumeur peut entraîner une paralysie d’une ou plusieurs
branches de ce nerf le nerf facial, contrôlant les mouvements
du visage et l’expression, puisque ce nerf passe à travers
la glande parotide. Traitement : le moins intrusif possible Le traitement varie selon les pathologies. Pour ce qui est des pierres
dans les conduits salivaires, l’approche se veut conservatrice
et suggère des massages répétés de la glande.
Il est aussi proposé de manger des bonbons durs et sucer sur
un suçon, des comportements qui augmente la production salivaire
et peuvent faire passer la pierre si elle est petite (analogue aux
calculs rénaux qui peuvent passer sans intervention si le patient
boit beaucoup d’eau). Si le problème persiste et/ou récidive une infection
peut s’installer. Le traitement approprié est alors une
prescription antibiotique. Dans le cas d’infections récidivantes
sans cause évidente, une investigation des autres facteurs de
santé qui placent le patient à risque d’infections
récidivantes, notons la faiblesse du système immunitaire,
le VIH, un diabète mal contrôlé ou un patient qui
prend de la cortisone suite à une transplantation, arthrite
ou pour supresser le système immunitaire. Dans les cas de répétition des symptômes d’obstruction
par un calcul, il existe différentes options chirurgicales.
Une des options consiste à ouvrir le conduit salivaire pour
en extraire la pierre. Autre option, procéder à l’exérèse
complète de la glande (la glande sous-maxillaire est généralement
affectée par ce problème). En ce qui concerne les tumeurs bénignes, certaines présentent
un risque de transformation cancéreuse. Ce risque, quoique minime
(1/1000 pour certaines des tumeurs) nécessite une chirurgie,
qui, comme toutes les chirurgies, comporte des risques. La particularité dans
ce cas-ci tient au fait que le nerf facial qui passe à travers
la glande parotide et à côté de la glande sous-maxillaire.
Les chances d’affecter le nerf sont minimes, mais présentes. Dans tous les cas de tumeurs bénignes, lorsque l’ablation
est pratiquée, elle est réalisée avec une marge
de tissu pour essayer de minimiser les chances de récidive.
Les tumeurs ont tendance à être locales, mais possèdent
des projections semblables à de petits doigts microscopiques
qui s’étendent au-delà de la glande. Cela dit,
si l’opération est complète et avec une marge de
tissu suffisante, les risques de récidive sont de 1 à 3
%. Pour les tumeurs malignes, tout dépend de la radiologie. L’approche
suggère aussi d’enlever la tumeur, mais avec une marge
de tissu plus importante puisque les cancers se propagent différemment.
Selon la propagation, il peut aussi être indiqué de procéder à l’ablation
des ganglions au niveau du cou qui peuvent être affectés.
Selon la pathologie particulière du cancer, une radiothérapie
post-opératoire peut être envisagée. En ce qui a trait au risque de récidive suite à l’ablation
d’une tumeur maligne, les plus importants facteurs demeurent
la nature de la tumeur et son évolution. Si la tumeur est plus
avancée ou largement propagée ou s’il s’agit
une tumeur plus agressive, le risque est plus élevé.
De plus, il arrive que malgré la chirurgie et la radiothérapie,
certaines tumeurs demeurent actives. L’échec des traitements
pour éliminer et pratiquer une ablation complète entraîne
forcément une récidive. En clair, tout est fonction de
la nature du cancer, de sa propagation, de son stade d’évolution
et de la réussite du traitement pour pratiquer une ablation
complète.
Pathologies vocales bénignes  Écouter sa voix Le chanteur de blues à la voix éraillée et la
diva demeurant muette des jours avant une prestation témoignent
tous deux d'une même réalité: la voix est un organe
fragile. Ils ne sont cependant pas les seuls à pouvoir être
affectés par des pathologies vocales bénignes. Les enseignants,
les avocats, les entraîneurs sportifs, les gens qui travaillent
dans les médias, la vente, le télé-marketing,
et toutes les personnes qui utilisent leur voix de façon prolongée,
voire excessive, sont aussi vulnérables à ce genre d'affections. Survenant surtout chez les adultes, les pathologies vocales bénignes
sont des lésions résultant de traumatismes ou d'inflammation
dus à un usage abusif de la voix. Elles se traduisent par un
changement dans la qualité de la voix ou par des extinctions
de voix récurrentes. Par exemple, en fin de journée ou
après des activités, la voix devient très rauque
et elle le reste pendant plusieurs heures ou quelques jours. Au moindre
signe de fatigue ou d'énervement, au moindre rhume, c'est l'extinction
de voix pour deux ou trois jours, sinon une semaine. De façon générale, ce ne sont toutefois pas des
conditions douloureuses. Néanmoins, une personne souffrant d'une
pathologie vocale bénigne se sent la gorge serrée, sèche,
irritée et prend conscience de l'effort qu'elle doit mettre
pour continuer à parler malgré sa voix rauque. Elle peut
développer de l'inconfort musculaire au niveau de la gorge.
Il est temps de penser à consulter un médecin, plus précisément
un oto-rhino-laryngologiste, lorsqu'une extinction de voix se prolonge
au-delà d'une semaine ou qu'elle se répète fréquemment. Nodules, polypes, papillomes, etc. Les pathologies vocales bénignes les plus communes sont les
nodules. Il s'agit d'un épaississement de la surface de la corde
vocale. On peut comparer cela à une ampoule à un pied
qui, à la longue, devient comme de la corne. Les autres pathologies
les plus courantes sont les polypes. C'est aussi un mécanisme
de traumatisme, mais il s'agit cette fois d'une excroissance de liquide
d'enflure ou de sang qui se transforme en une petite masse gélatineuse
et pédonculée à la surface de la corde vocale.
Il existe d'autres genres de polypes, qui surviennent chez les fumeurs
invétérés. La nicotine et les produits du tabac
causent une inflammation chronique sur les cordes vocales, qui deviennent
boursouflées, parfois de façon permanente. Les papillomes laryngés surviennent souvent chez des jeunes
adultes et parfois même chez les enfants . Ce sont des lésions,
ressemblant à des verrues, causées par une infection
virale, qui n'est toutefois pas contagieuse. Il est important de bien
les diagnostiquer, car il n'existe toujours pas de cure pour cette
pathologie, qui nécessite des excisions répétitives
avec le laser. Les patients doivent subir trois ou quatre interventions
par an pendant plusieurs années avant d'en venir à bout
et il demeure toujours un risque de récidive. Une paralysie des cordes vocales, bien qu'elle puisse n'être
que temporaire (plusieurs mois, voire un an), exige des investigations
assez exhaustives afin de s'assurer qu'elle n'est pas secondaire à une
autre lésion, neurologique par exemple. Communément,
cela survient chez les personnes atteintes d'un cancer du poumon. Une
inflammation du nerf peut également en être la cause.
Dans le cas où le nerf aurait été sectionné,
lors d'un accident ou d'une chirurgie, il n'y aura pas de guérison
naturelle. Heureusement, pour ceux qui demeureraient avec une paralysie
permanente, il existe de très bonnes techniques chirurgicales
pour réhabiliter les problèmes de voix. L'approche thérapeutique Souvent les problèmes de voix sont multifactoriels. Des problèmes
d'allergies ou de sinusites chroniques sous-jacents peuvent en être
responsables, aussi vaut-il la peine de s'y attarder. Il faut aussi étudier
le contexte de vie et de travail du patient. Par exemple, le manque
d'humidité dans l'air de la maison ou du lieu de travail, la
pollution atmosphérique, l'exposition à des produits
chimiques ou à la poussière peuvent constituer des irritants
pour les cordes vocales. Certains comportements humains peuvent également être
en cause, tels le tabagisme et l'alcoolisme. Les excès d'alcool
peuvent en effet causer des problèmes d'estomac. Il est classique
que les gens souffrant de reflux gastriques présentent aussi
de l'inflammation au niveau de la gorge. Les pathologies vocales bénignes nécessitent rarement
une chirurgie en première ligne, car elles pourraient guérir
spontanément si la lésion est très petite. Il
est préférable de bien suivre l'évolution de la
pathologie, de faire de l'orthophonie (la physiothérapie du
larynx et des cordes vocales) et de ré-évaluer la lésion.
Les exceptions à cette approche sont: les lésions vocales
qui sont très volumineuses (un gros polype vocal, par exemple)
ou les papillomes. Dans le cas des papillomes laryngés, il n'est
pas question d'attendre. Il faut procéder à la chirurgie
rapidement étant donné le potentiel de croissance de
ces lésions. Après quelques mois d'orthophonie, si les nodules ne se résorbent
pas complètement, il y a un rôle pour la chirurgie. Pour
les polypes, la chirurgie est souvent indiquée plus rapidement
que pour les nodules. L'intervention consiste en une microchirurgie sur les cordes vocales,
faite sous anesthésie générale, par voies naturelles.
L'oto-rhino-laryngologiste utilise soit une instrumentation traditionnelle,
comprenant de très petits bistouris et des pinces microscopiques,
soit le rayon laser (au Co2) pour cautériser et pour des types
d'excisions très précises. Il s'agit d'une chirurgie
d'un jour (ambulatoire). Il n'y a pas vraiment de douleur associée à la chirurgie,
ni de dérangement dans tout le métabolisme. Pour la voix,
une période de convalescence d'environ une semaine, durant laquelle
le patient garde le silence, est néanmoins nécessaire,
afin de favoriser la guérison précoce. Des anti-inflammatoires
ou des antibiotiques peuvent aider la guérison. De l'importance de la prévention Une bonne hygiène de la voix est primordiale. Premièrement,
il est important de boire beaucoup d'eau pour bien lubrifier la gorge
et le mécanisme de la voix. Deuxièmement, il faut éviter
les excès de café et d'alcool. Troisièmement,
il peut être opportun d'humidifier notre environnement. Il ne
faut pas abuser de sa voix. Lorsqu'elle est fatiguée, changée,
il faut la reposer. Il ne faut pas persister à forcer sa voix
par-dessus une laryngite ou une extinction de voix, ce serait comme
continuer à marcher sur une cheville à laquelle on a
une entorse. Ceux qui doivent utiliser beaucoup leur voix dans le contexte de leur
travail, comme les enseignants, devraient se taire quelques minutes
chaque heure. De plus, ceux qui donnent des cours de deux ou trois
heures dans des gymnases ou des amphithéâtres remplis
d'une centaine d'élèves devraient utiliser un microphone.
Les gens devraient apprendre à s'écouter, parce que leur
voix leur dit qu'ils sont fatigués.
Reflux gastro-laryngé 
QU'EST-CE QUE LE REFLUX GASTRO-LARYNGÉ ?
Votre salive et vos repas empruntent normalement l'œsophage pour se diriger vers l'estomac. Le reflux gastro-laryngé (RGL) correspond au passage anormal d'une partie du contenu gastrique en sens inverse, soit vers l'œsophage, le pharynx et le larynx. Cette condition ressemble au reflux gastro-oesophagien.
Le RGL est très fréquent dans la population occidentale adulte (environ 50 %). 60% des asthmatiques ont aussi un RGL. 50% des personnes avec toux chroniques et jusqu’à 80% des personnes avec sensation de boule dans la gorge (aussi nommé globus) souffrent de RGL. Cependant, la majorité des patients atteints de RGL souffre de symptômes mineurs et intermittents et ne consulte pas. Le RGL est souvent une affection chronique.
La cause du RGL est complexe mais correspond, pour l'essentiel, à une défaillance de la barrière anatomique (valve) située à la jonction de l'œsophage et de l'estomac.
Quels sont les symptômes et signes du RGL?
Parmi les symptômes des patients qui souffrent de RGL, un bon nombre sont semblables à ceux du reflux gastro-oesophagien ou de l'ulcère de l'estomac. L'irruption des sucs gastriques acides est à l'origine de signes cliniques témoignant de la brûlure des tissus. Les brûlures d'estomac s'accompagnent parfois d'une sensation de reflux d'acide dans la gorge ou même de goût amer dans la bouche. C'est ce qu'on appelle la régurgitation acide. Parfois cette sensation de reflux n’est pas consciemment ressentie : le RGL est souvent nommé « le reflux silencieux ».
Outre la douleur locale ressentie du fait de l'irritation des tissus et l'impression de corps étranger ou de boule dans la gorge, le RGL pourra entraîner une raucité ou une fatigue de la voix (appelée dysphonie) par une irritation du larynx. Parmi les autres symptômes révélateurs du RGL, mentionnons l'hypersalivation, la difficulté à avaler (ou dysphagie) et divers symptômes respiratoires très fréquent (enrouement, toux, asthme) qui perturbent parfois le sommeil.
L'examen oto-rhino-laryngologique (qui comprend une caméra flexible passée dans le nez) est souvent révélateur de RGL lorsque des manifestations au niveau de la gorge (du pharynx ou du larynx) sont présentes.
Le RGL qui persiste sans traitement peut être, après de nombreuses années, associé à une sténose de l'œsophage et même à une possibilité de cancer.
Voici quelques conseils utiles et mesures anti-reflux efficaces pour contrer le RGL:
Ce qu'il faut faire
Dormir la tête de lit surélevée de 15 centimètres ou 6 pouces (ajouter une brique sous les pattes de la tête du lit ou un morceau de bois en coin sous le matelas).
Perdre du poids (viser votre poids santé).
Prendre de petits repas fréquents.
Choisir des aliments maigres.
Aviser votre médecin de votre médication habituelle, occasionnelle et de la prise de produits « naturels ».
Boire 2 litres d’eau par jours.
40-50 % d’humidité dans la chambre.
Ce qu'il faut éviter
Ne pas élever la tête simplement avec des oreillers (possible étranglement de l'œsophage et exacerbation des symptômes de reflux).
Éviter les épices, le thé, le café, les boissons gazeuses, le vinaigre, les fruit acides et leur jus, les tomates, les oignons, l’ail, la menthe et le chocolat.
Éviter alcool.
Éviter les gros repas (surtout le soir) et les aliments gras ou frits.
Éviter de manger le soir, au moins 2 heures avant de vous étendre ou de vous coucher.
Éviter de se coucher immédiatement après un repas (sieste).
Éviter les vêtements et les ceintures trop serrés.
Cesser de fumer.
Éviter certains médicaments : Théophylline, Anticalciques, Morphine et autres narcotiques, Benzodiazépines, Bêta bloqueurs, Dérivés nitrés et Anticholinergiques, AINS (qui irritent l’estomac).
Traitement
Le traitement initial comprend des mesures d'hygiène, des changements diététiques et une médication anti-acide. Le traitement prend souvent plusieurs mois. Lors du suivi, ce traitement pourra être arrêté par votre médecin s'il permet la disparition des symptômes. Dans les cas, fréquents, de récidives espacées des symptômes, vous pourrez être traité de façon intermittente. Par contre, des rechutes fréquentes ou précoces à l'arrêt du traitement imposent un traitement d'entretien à long terme. La chirurgie est proposée après échec des traitements médicamenteux malgré un respect des mesures anti-reflux. La chirurgie sera proposée d'autant plus facilement que le sujet est jeune.
Rhinoplastie ou l'art de refaire le
nez  La chirurgie plastique du nez, la rhinoplastie, consiste à changer la forme du nez, le plus souvent pour des raisons esthétiques. Certaines rhinoplasties sont par ailleurs pratiquées pour corriger des déformations secondaires ou un traumatisme, il s'agit de remodeler le nez d'un patient après un accident. L'intervention peut également avoir un but fonctionnel et servir à corriger un problème respiratoire.
La rhinoplastie ne date pas d'hier. Déjà, dans l'Antiquité, on essayait de corriger la morphologie du nez. On mettait des plâtres sur l'appendice nasal et on appliquait des pressions. Il y avait toutes sortes de choses qui se faisaient avec plus ou moins de succès.
Ceci a beaucoup évolué au cours du dernier siècle, surtout au cours des 50 dernières années, grâce à des techniques chirurgicales plus appropriées. La rhinoplastie n'a cessé de se raffiner. Il est aujourd'hui possible d'obtenir des résultats très naturels, beaucoup plus que durant les années 1970, où les nez opérés avaient l'air refaits.
Il ne s'agit pas de faire un petit nez à tout prix, mais de faire un nez qui cadre bien dans le visage et qui montre de belles lignes esthétiques. Si la pointe est tombante, le but de la rhinoplastie sera de la remonter et de la placer dans un bon rapport avec la lèvre et avec le reste du visage. S'il y a une bosse, son exérèse peut être la solution. L'objectif est de donner une forme agréable et plaisante à l'oeil.
C'est une chirurgie qui se réalise sous anesthésie locale ou générale, dépendant de la préférence du chirurgien et du patient. La chirurgie se fait par de petites incisions intra-nasales donc non visibles. Dans les cas plus compliqués ou selon la préférence du chirurgien, une incision est pratiquée sous le nez (rhinoplastie externe ou ouverte). Les incisions servent à visualiser le squelette osseux et cartilagineux du nez, de façon à enlever les portions excédentaires du nez, s'il est trop gros, ou de changer la position de certaines portions si elles sont mauvaises.
Les contre-indications sont rares et dépendent surtout de l’état de santé du patient. Il est évident qu’un patient dont l’état de santé est précaire n’est pas un bon candidat pour la chirurgie. Évidemment, une personne prenant des anti-coagulants ne pourra pas être opérée sans avoir cessé ses anticoagulants. Il n'est pas indiqué non plus de procéder à une rhinoplastie chez un patient atteint d'un cancer au niveau du visage, de la peau ou du nez. Par contre, lorsque le cancer est guéri, on peut effectuer une rhinoplastie de reconstruction. Les maladies inflammatoires, comme le Crohn, sont des contre-indications relatives, mais pas absolues.
Certains médecins rencontrent le patient à deux reprises avant de procéder à la rhinoplastie. Lors de la première rencontre, il est question de la chirurgie. Le spécialiste (un oto-rhino-laryngologiste ou un chirurgien plasticien) évalue le patient et discute avec lui de ses attentes.
Le patient doit être en mesure d'identifier ce qui ne lui plaît pas dans son nez, quand il se regarde de face et de profil. Une vue d'ensemble est nécessaire: le nez doit être évalué en tenant compte du visage du patient et il peut y avoir d'autres problèmes, comme un menton fuyant qui donne l'aspect d'un nez qui est beaucoup plus gros. Peut-être faudra-t-il intervenir à un autre niveau.
Le spécialiste analyse la situation et expose comment il entend opérer. Des photos de nez refaits qui ressemblaient à celui du patient lui seront montrées afin qu'il ait une idée du résultat qu'il est possible d'obtenir. Il doit alors indiquer si cela est satisfaisant pour lui. Des simulations sur ordinateur peuvent également lui être montrées, mais ces résultats ne sont pas nécessairement reproductibles en chirurgie.
Il faut toujours s'attarder à l'état psychologique des gens qui viennent pour une rhinoplastie, car certains n'ont pas des attentes réalistes. Ces personnes ne seront jamais satisfaites, peu importe les interventions qu'elles subiront.
La deuxième rencontre a pour but de laisser le temps au patient de mûrir sa décision et de vérifier le sérieux de sa démarche. Est-il convaincu qu'il veut se faire opérer? Le médecin profite aussi de cette seconde visite afin d’avoir une meilleure idée de la personnalité du patient ainsi que des objectifs qu’il recherche ou le médecin peut référer le patient en psychiatrie ou en psychologie s'il a des doutes au niveau de son affect.
Préparation et suivi
Avant l'intervention, le patient doit être à jeun à partir de minuit. La rhinoplastie prend environ deux heures. Après, le patient porte une attelle pour environ une semaine. L'attelle est retirée par le chirurgien après une semaine et le nez enfle alors un peu. Les contusions autour des yeux (oeil au beurre noir), qui affligent les patients à des degrés variables, disparaissent au bout de deux semaines. Le résultat continue à évoluer pendant une période d'un an. Le gros de l'oedème diminue en deux mois et, par la suite, les changements sont plus subtils
Cette chirurgie n'est pas douloureuse, parce que le nez n'est pas une structure mobile. En revanche, les enflures peuvent être désagréables. Il est important de ne pas toucher au pansement et de ne pas le mouiller durant la période post-opératoire. Comme on doit calculer de 7 à 10 jours avec le pansement et deux semaines pour la résorption des bleus, le patient doit prévoir un congé d'environ deux semaines.
Certaines précautions sont à prendre durant la période post-opératoire. Le patient doit éviter le soleil pendant six mois, c'est-à-dire qu'il doit appliquer une protection solaire totale pour prévenir le développement de rougeurs (téléangiectasies). L'exposition à des froids intenses est également à proscrire. Il est impératif que le patient mette un cache-nez, car la peau de son appendice nasal a été décollée et se trouve ainsi moins bien protégée contre les engelures. Le patient ne doit pas non plus porter de lunettes; cela causerait une pression sur les os qui ont été fracturés.
Les saignements ainsi que les infections font partie des complications possibles. Certains patients se retrouvent avec une déformation résiduelle, c'est-à-dire un résultat qui n'est pas optimal. À ce moment-là, on est obligé de faire une retouche, ce qui survient dans 4% à 5% des cas. Évidemment, plus une intervention est compliquée, plus les risques d'avoir à faire une retouche sont élevés. Toute retouche devrait être faite un an après la dernière intervention. D'autre part, il est possible d'agir sur une autre zone du visage au bout de deux mois.
La rhinoplastie n'entraîne aucune séquelle au niveau des sinus. Cependant, certains patients peuvent par la suite, mais de façon temporaire, souffrir d'obstructions nasales. Cela est dû au fait que les os du nez ont été fracturés et que la pyramide a été rapetissée. Néanmoins, le côté fonctionnel peut être travaillé en même temps que le côté esthétique. Généralement, lorsque le médecin procède à une chirurgie, il en profite pour évaluer s'il y a une déviation septale ou une hypertrophie des cornets. Il peut régler ce problème en même temps qu'il améliore l'apparence du nez.
Dans les cas post-traumatiques et fonctionnels, la rhinoplastie est remboursée par la Régie de l'assurance maladie du Québec. Autrement, les prix varient de 1400$ à 5000$, dépendant de la complexité de l'intervention.
Sinusite  Si vous avez récemment souffert d'un rhume, même le plus
banal, vous étiez à risque pour développer une
sinusite. La sinusite est, en quelque sorte, une prolongation d'un
rhume. Mais bien qu'elle soit la plupart du temps inoffensive, la sinusite
peut entraîner des complications graves. Elle peut même
devenir chronique et nécessiter une intervention chirurgicale. Les sinus sont des cavités creusées dans l'os du visage,
situées de chaque côté du nez. Ils communiquent
avec le nez par de petits passages, les ostia. Les parois des sinus
sont recouvertes d'épithélium, une membrane similaire à celle
que l'on retrouve dans le nez. L'épithélium agit comme
barrière. Il produit du mucus qui est propulsé à travers
les ostia jusque dans le nez où il est évacué.
Malgré l'avancement de la science, les spécialistes ignorent
encore le rôle exact des sinus. Certains croient qu'ils protègent
les structures internes de la tête contre les changements brusques
de température. Lors d'un rhume ou d'une allergie, il se produit une inflammation
de la muqueuse qui bloque les ostia et gène le drainage des
sinus. Tous les rhumes s'accompagnent de cette inflammation. Cela entraîne
une accumulation de sécrétion à l'intérieur
des sinus qui accentue la congestion nasale. L'adulte moyen fait ce
genre d'infections deux ou trois fois par année. Chez les enfants,
elles sont plus fréquentes puisqu'ils sont plus exposés
au virus. Chez environ une personne enrhumée sur 200, les sinus seront
pris d'assaut par des bactéries qui vont les obstruer davantage.
C'est ce que l'on appelle une sinusite aiguë. Des douleurs localisées
autour du nez et au front apparaissent. Ces douleurs se manifestent
surtout lorsqu'on fait un effort ou que l'on penche la tête vers
le bas. Le nez se bouche et les sécrétions nasales passent
de blanchâtres à jaunâtres ou verdâtres. Les
enfants sont plus exposés à la sinusite. L'adulte moyen fait 2,3 infections virales par année du tractus
respiratoire supérieur, les enfants le double (5 ou 6). Les
enfants à la garderie et qui font des allergies ont plus de
risques que les autres. De manière générale, ces symptômes disparaissent
au bout de cinq ou sept jours lorsqu'ils sont traités. On peut
les soulager en utilisant des produits disponibles en pharmacie. Habituellement,
les décongestionnants, les inhalations de vapeur et l'injection
d'eau salée, sont efficaces et viendront à bout de la
sinusite. Les personnes qui ont des troubles cardiaques ou qui ont
une hypertrophie de la prostate doivent se méfier des décongestionnants
oraux. Si les symptômes persistent au-delà de sept jours et
résistent aux traitements de base, il est important d'aller
consulter un médecin. Ce dernier pourra alors prescrire, si
nécessaire, un antibiotique de faible puissance. Dans la plupart
des cas, l'antibiothérapie guérira la maladie. Plus rarement,
les symptômes persisteront et nécessiteront la prise d'un
deuxième antibiotique plus puissant. Chez les patients souffrant
d'allergies, le médecin pourra prescrire un corticostéroïde
topique en inhalation (vaporisateur nasal) pour aider à réduire
l'enflure et minimiser la durée de la sinusite. Parfois, les traitements antibiotiques s'avèrent inefficaces
pour venir à bout de la sinusite. Il faut alors suspecter une
sinusite chronique. Le diagnostic de la sinusite chronique se fera
au moyen de l'examen des sécrétions, d'une endoscopie
(une mini caméra introduite par le nez) qui permettra au médecin
de visualiser les fosses nasales et de détecter la présence
de sécrétions et par le biais d'une radiographie spécialisée,
la tomographie axiale par ordinateur (CT scan ou TACO). L'oto-rhino-laryngologiste
décidera du traitement requis selon les résultats. Quant la sinusite chronique ne répond pas aux traitements médicaux,
il faut alors recourir à la chirurgie des sinus. À l'aide
d'un appareil endoscopique (télescope) similaire à celui
utilisé pour l'examen du nez, le médecin spécialiste
ira débloquer les ouvertures. Cette intervention permet de rétablir
la ventilation et le drainage des sinus. Elle peut parfois même être
réalisée sous anesthésie locale et la convalescence
est usuellement peu prolongée. Résumé : Bien que la sinusite soit habituellement une
maladie banale, il ne faut pas croire qu'elle soit inoffensive. Une
sinusite non traitée peut entraîner des complications
graves comme des maux de tête chroniques, une méningite
ou des troubles neurologiques. L'oto-rhino-laryngologiste est le spécialiste qui a les qualifications
pour évaluer et traiter les problèmes sinusaux.
Stridor 
Stridor : un symptôme dérangeant
D’entrée de jeu, il importe de préciser que le stridor est un symptôme et non un diagnostic ou une maladie. Ce bruit de la respiration provient des voies de respiration supérieures et existe selon trois classifications : inspiratoire, expiratoire ou biphasique (à la fois inspiratoire et expiratoire).Associé à un nombre élevé de pathologies ou d’infections touchant principalement les enfants de moins de six ans, il peut se présenter de façon insidieuse ou chronique.
L’identification de la cause du stridor se fonde sur l’historique, l’observation et l’examen physique du patient. En identifiant le type de stridor, le spécialiste peut déterminer d’où vient la respiration bruyante et identifier l’origine de la lésion ou de l’infection. Un stridor inspiratoire indique généralement une lésion située dans la région du nez, du pharynx ou du larynx au-delà des cordes vocales. Le stridor expiratoire est plutôt causé par un problème intrathoracique, un problème trachéal ou provenant des bronches. Finalement, le stridor biphasique est associé à une lésion au niveau de la glotte ou encore en dessous des cordes vocales : la sous glotte.
Le stridor se manifeste surtout chez l’enfant en raison d’une obstruction partielle ou d’une ouverture trop petite à un certain endroit des voies respiratoires. On le relie à plusieurs causes bénignes structurelles, anatomiques ou infectieuses et on l’attribue aussi à certaines conditions congénitales.
Certains adultes peuvent aussi développer le stridor suite à diverses conditions infectieuses, de tumeurs bénignes ou malignes ou d’un traumatisme. Il arrive également que le stridor soit relié à un problème qui progresse depuis l’enfance.
Déterminer la cause du stridor
Pour identifier la cause du stridor, la catégorisation inspiratoire, expiratoire et biphasique révèle certaines pistes, mais d’autres éléments peuvent aider à préciser le diagnostic avant l’examen physique.
Parmi les indices recherchés par le spécialiste ORL, notons l’âge auquel a débuté le stridor et le moment où il se manifeste. S’agit-il d’un stridor présent dès la naissance (on songe alors à une dysfonction des cordes vocales, un web ou un kyste laryngé) ou a-t-il été précipité à la suite d’un événement (par exemple une intubation). Est-ce qu’il y a un moment qui précède l’apparition du stridor? Survient-il immédiatement après les boires, lorsque l’enfant pleure ou encore dans certaines positions? Est-ce que le stridor s’accompagne de reflux ou une toux chronique? Pouvons-nous noter la présence de fièvre, dysphonie, aphonie ou d’hypersalivation.
Dans 80% des cas, si le récit est suffisamment détaillé par le patient, le spécialiste ORL est en mesure d’identifier la source du problème. L’examen physique, incluant la vérification de l’oxygénation du patient, viendra fixer la gravité de l’état. Dans la plus part des cas, l’examen doit inclure une endoscopie flexible au niveau du nasopharynx et du larynx. S’il s’agit d’un stridor biphasique, une bronchoscopie parfois combinée avec une endoscopie des broches sera réalisée sous anesthésie générale. Des investigations complémentaires peuvent aider à mieux préciser, confirmer ou supporter un diagnostique. Parmi ceux-ci, nous y retrouvons des tests sanguins, radiographies du cou et des poumons, études de l’œsophage et de l’acidité gastrique (Ph-métrie), tomodensitométrie ou IRM, études du sommeil (polysomnogramme).
Les maladies qui causent le stridor
Le stridor aigu peut être causé par toute sorte d’infections ou d’abcès dans la sphère ORL. Chez l’enfant, la croissance permet aux voies aériennes de se développer et de grandir ce qui explique une présence réduite de stridor chez les enfants de plus de six ans.
Le virus Haemophilus influenzae, type b est aussi à l’origine de difficultés respiratoires pouvant conduire à une épiglottite : une infection grave de la gorge qui survient chez l’enfant provoquant un étouffement. Cela dit, avec les campagnes de vaccination contre l’influenza, l’incidence de ce type d’infection a été considérablement réduite.
Chez l’enfant âgé de six mois à 5 ans, le croup s’accompagne souvent d’un stridor aigu combiné à une toux aboyante s’amplifiant la nuit. Causé par l'inflammation des voies respiratoires supérieures (larynx ou cordes vocales et la trachée) le croup (laryngite striduleuse), est dû à une infection virale. Débutant typiquement avec un rhume, le croup évolue vers une toux sèche accompagnée d'une respiration stridente et rauque (le stridor). Le danger dépend de l'ampleur de l'inflammation des voies respiratoires supérieures, plus elles sont bloquées, plus l'enfant a de la difficulté à respirer. Le croup s'empire d'habitude pendant la nuit, dure 3-4 jours et se résorbe de lui-même.
L’aspiration accidentelle d’un corps étranger tel qu’un petit objet, un morceau de noix ou un bonbon, peut aussi entraîner un stridor aigu. Ceci est fréquent chez les enfants âgés de 1 à 2 ans. Habituellement, une histoire d’étouffement ou de toux précède le développement du stridor.
Le stridor peut également survenir après une réaction allergique. Une trentaine de minutes après avoir été exposé à un aliment allergique, un choc anaphylactique peut conduire au stridor. La voix devient rauque, le stridor se manifeste, il peut y avoir une congestion nasale, une sensation de picotement dans les yeux et une sensation que la gorge se serre.
Certains cancers comme les lymphomes se manifestent occasionnellement par un stridor aigu lorsqu’ils sont localisés dans la région tête et cou et ce, autant chez l’adulte que chez l’enfant. En fait, dans cette région, n’importe quelle masse extensible peut pousser assez rapidement et provoquer un stridor.
Si présent à la naissance, un stridor peut être dû à une dysfonction des cordes vocales, un web ou des kystes au larynx. Dans la période néonatale, la ‘laryngomalacie’ est la cause la plus fréquente de stridor chronique. Le stridor peut être exacerbé par certaines positions, les pleurs et les boires.
Certains patients peuvent avoir un rétrécissement de la région immédiatement sous leurs cordes vocales: une sténose sous-glottique. Ils présentent un stridor inspiratoire ou biphasique chronique. Cette condition peut être congénitale (présente à la naissance) ou acquise (suite à une intubation prolongée ou autres causes). Dans la région de la sous-glotte, nous pouvons aussi y retrouver des hémangiomes. Le stridor associé à cette condition devient plus marqué lorsque la lésion grossit.
Tant chez l’adulte que chez l’enfant, les papillomes, selon leurs localisations, peuvent occasionner un stridor. Le papillomavirus est un virus touchant la peau et les muqueuses ou encore les deux à la fois. Cette infection se traduit par la production de verrues, et des tumeurs malignes ou bénignes. Lorsque ces papillomes se trouvent dans l’ouverture du larynx, ceux-ci peuvent provoquer une dysphonie et un stridor chronique. Si ces lésions ne sont pas enlevées, le stridor peut progresser et une détresse respiratoire peut survenir.
Finalement, différentes causes physiologiques sont à l’origine du stridor dont la malformation de l'orifice supérieur du larynx, une trachée plus petite que la normale, les narines au fond du nez qui ne sont pas ouvertes, etc.
Comment aborder le stridor?
En raison des risques de complications associés, tout stridor doit être investigué et pris de façon sérieuse, et ce même si dans certains cas, le symptôme disparaît de lui-même à mesure que l’enfant grandit et que la croissance des voies respiratoires s’accentue.
Chez l’adulte, un patient qui présente un stridor chronique depuis quelques années doit aussi être pris au sérieux, même si ce cas semble nécessiter moins d’urgence.
Le stridor peu conduire à une rapide dégradation de l’état de santé. D’ailleurs, selon la forme de stridor présente chez le patient, le comportement du corps médical sera différent. Un patient atteint d’un stridor aigu dictera au personnel soignant des précautions plus importantes.
Ces précautions deviennent nécessaires puisque chez certains patients, le pronostic vital est en cause. On évitera de manipuler le patient qui sera plutôt redirigé vers une salle d’opération, où sera complété son examen physique. La gravité peut être attribuable à une obstruction qui limite beaucoup la pénétration de l'air vers les poumons, ce qui se manifeste par une aggravation de l'état respiratoire, une cyanose (une coloration bleu violet des muqueuses et de la peau) et enfin une somnolence.
Surdité chez l’enfant 
La déficience auditive permanente chez l'enfant est une anomalie relativement fréquente, atteignant une naissance sur 1000 à un degré de déficience supérieur à 40 décibels dans la meilleure oreille. Chez les nouveau-nés présentant des facteurs de risques tels la prématurité ou la jaunisse, la surdité peut atteindre 10 cas pour 1 000 naissances.
La perte auditive se calcule en nombre de décibels (db). Le Bureau International d’Audio-Phonologie (BIAP) a défini des critères de classification afin de déterminer le degré de sévérité de la surdité. Ainsi, une perte de 0 à 20 db caractérise une audition normale. Entre 20 à 40 db de perte, il est question de surdité légère qui affecte la compréhension d’une conversation courante.
De 40 à 70 db de perte, la déficience est moyenne et on parle alors d’un enfant demi-sourd qui ne perçoit la parole qu’à fort volume. La surdité sévère correspond à une perte située entre 70 et 90 décibels. L'amplification des sons est insuffisante et au-delà de 90 db, l'enfant est profondément sourd et n'a aucune perception de la voix et aucune idée de la parole (Le bruit d’un marteau piqueur représente 100 db!).
Principales causes de surdité chez l'enfant
Chez l’enfant, l’origine de la surdité se divise en deux principales catégories : la surdité congénitale (présente à la naissance) et la surdité acquise (après la naissance). Pour le premier type, l’existence d’un lien génétique transmissible explique souvent la surdité. Ce lien peut sauter plusieurs générations et ainsi, beaucoup de familles ignorent la présence d’un tel gène dans leurs antécédents. L'absence de sourds dans la parenté immédiate ne doit donc pas faire éliminer le diagnostic de surdité héréditaire.
Un enfant qui vient au monde avec une surdité congénitale naît avec une perte auditive qui va persister toute sa vie. En plus des causes génétiques, ce type de surdité peut avoir été provoqué par une infection durant la grossesse puisque certains virus peuvent être responsables de l'atteinte de l'oreille interne lors des trois premiers mois de grossesse : la rougeole, la varicelle, les oreillons, l’hépatite virale. La surdité peut aussi être attribuable à des complications présentes à la naissance tels un poids de moins de 1500 grammes, la prématurité, les maladies neurologiques, et les syndromes génétiques. De plus des infections telles la méningite, l’encéphalite et les oreillons pourraient causer la surdité.
Dans le cas d’un diagnostic de surdité congénitale, il importe de procéder à une étude génétique des parents. L’expertise réalisée permettra de prédire l’évolution de la surdité et de déterminer le risque d’avoir un autre enfant sourd et d’identifier certains syndromes associés avec d’autres problèmes que l’enfant pourrait développer dans le futur. Par exemple le syndrome de Usher (caractérisé par l'association d'une surdité à une rétinite pigmentaire) peut mener à des problèmes de vision.
La surdité acquise est souvent curable par des moyens médicaux ou chirurgicaux. C'est la conséquence d'une affection de l'oreille moyenne : la pathologie du tympan, des osselets et de la trompe d'Eustache en représentent les principales causes. Ce type de surdité peut aussi être développé suite à une otite moyenne, certaines infections (méningite), un traumatisme crânien ou la toxicité causée par les médicaments.
Comment détecter un début de surdité chez l'enfant?
Les moyens de dépister un trouble auditif chez l’enfant diffèrent en fonction de l’âge. Un bébé doit se tourner vers une source de bruit très forte et l’absence de réactions à la voix ou aux bruits environnants peut s’avérer un signe de surdité. Le médecin qui fait un examen médical à un nourrisson, observera les réflexes de celui-ci à différents stimuli. Les réactions de l’enfant passeront du clignement des yeux, à un arrêt des mouvements, une déviation de la tête, des sursauts ou des pleurs. Plus tard, à l’âge préscolaire, l’absence ou le retard du langage peuvent être causés par la surdité. Plus le problème est sévère, plus le retard est évident : absence des premiers mots après 17 mois, un enfant d’un an qui ne répond pas à son nom, un enfant qui demeure inattentif et qui ne réagit pas aux bruits causés par des sons produits hors de son champ visuel.
Lorsque la surdité n’est pas diagnostiquée ou lorsqu’elle se manifeste plus tardivement, il importe de préciser qu’à tout age un enfant qui parle fort ou augmente le volume de la télévision pourrait souffrir d’une surdité. De plus, pour l’enfant qui développe des otites à répétition, un examen ORL s'impose afin de dépister une otite séreuse chronique qui pourrait mener à une perte de l’audition.
Heureusement, le diagnostique peut être posé très rapidement et dès la naissance avec un test simple appelé les Oto-Emissions Acoustiques, un test non invasif, rapide et fiable, qui peut s'effectuer dès la naissance. Ce test est excellent pour le dépistage de la surdité précoce. Si les Oto-Emissions Acoustiques sont présentes, on conclue à une audition normale ou une surdité légère. Si elles sont absentes, la surdité est supérieure à 30dB. Un autre test supérieur à l’ Oto-Emissions Acoustiques est celui des Potentiels évoqués. Ce test permet de mieux clarifier l’origine de la surdité mais requiert plus de temps. Les deux types de tests donnent de bons résultats lorsque les protocoles prescrits sont suivis. Il demeure tout de même important de maintenir un bon suivi, même si les résultats sont négatifs, puisque certaines surdités ne se manifestent pas tout de suite.
La surdité suit une évolution relativement lente, cela dit, sans dépistage systématique ou plus la surdité est diagnostiquée tardivement, plus la rééducation sera longue et s’accompagnera de problèmes de langage, de difficultés scolaires ou d’intégration sociale. Conséquemment, l’enfant présente une déficience du langage oral et des troubles psycho affectifs qui se manifestent par l’isolation ou des troubles de comportement.
Traiter la surdité chez l’enfant
Le traitement diffère selon la cause, l'importance et le type de surdité. La surdité de transmission ou perte conductive touche l’oreille externe et moyenne, (le conduit auditif, le tympan et les osselets) et se traite facilement par une chirurgie. La cause la plus fréquente est l’otite moyenne. La perte d’audition n’est pas totale et l’audition de la parole est encore bonne mais les sons sont perçus moins fortement.
Le liquide dans l’oreille moyenne contrevient à la transmission adéquate des sons et cause une surdité. En plaçant un tube de drainage dans le tympan, l’audition devrait revenir à la normale. Un test d’audition est refait après le traitement pour vérifier que le nerf n’est pas affecté.
Lorsque la surdité conductive est reliée à une malformation des osselets de l’oreille, le traitement consiste alors à l’installation de prothèses ossiculaires appropriées. Finalement, dans le cas d’une perforation du tympan, une tympanoplastie est pratiquée. La procédure consiste à refermer la perforation du tympan en y greffant un morceau de membrane.
En ce qui a trait à la surdité de perception ou perte neurosensorielle, l’affection touche la cochlée ou le nerf auditif. Ce type de surdité nécessite souvent des appareils auditifs; et une prothèse devra être installée chez l'enfant le plus tôt possible afin qu'on stimule son système auditif durant cette période cruciale d’acquisition du langage.
Les enfants présentant une surdité profonde sans appareillages auditifs peuvent obtenir des implants cochléaires. Ce type d'implant permet une correction de la surdité grâce à des électrodes insérées dans la cochlée qui s'articulent avec les premières terminaisons du nerf auditif. Ces électrodes connectent à un récepteur situé sous la peau, derrière l'oreille. Il importe de prévoir une rééducation longue et rigoureuse car le message sonore perçu reste très particulier.
Pour ce qui est des résultats, la surdité dite purement conductive a un excellent pronostique post traitement. En général le problème est entièrement réversible, surtout après l’insertion de tubes de ventilation suite à une otite séreuse. En ce qui concerne la surdité neurosensorielle, il est possible d’améliorer l’audition par l’appareillage. La clef du succès demeure l’amplification par une utilisation précoce. Ainsi, un bébé à qui on a dépisté très tôt une surdité, pourra profiter d’une prothèse auditive (amplifiant les sons) qui, associée à une rééducation couplée (orthophoniste et implication parentale), lui permettra d’acquérir un langage adéquat dans la majorité des cas.
Il existe évidemment des circonstances aggravantes telles un enfant avec des troubles cognitifs ou neurologiques, des problèmes de développement ou de comportements qui affectent directement le taux de succès de toute réhabilitation ou traitement auditif.
Troubles de la thyroïde  Nodules, goitre et cancer de la thyroïde peuvent être
traités avec succès Située dans le bas du cou, la thyroïde se trouve centrée
devant la trachée. En forme de papillon, elle est constituée
de deux lobes reliés par un isthme. Produisant l'hormone du «pep», la glande thyroïde
se dérègle parfois. Lorsqu'il y a insuffisance de la
sécrétion hormonale, on parle d'hypothyroïdie. La
personne qui en est affectée est déprimée, frileuse
et aura tendance à engraisser. Quand, au contraire, la glande
produit trop, il s'agit d'hyperthyroïdie. Cela se traduit notamment
par une hyperactivité. Dans les deux cas, un endocrinologue
sera en mesure de diagnostiquer le problème et dans la majorité des
cas de le traiter médicalement. Fréquemment, on peut retrouver des masses au niveau de la glande,
ce sont les nodules thyroïdiens. Ils peuvent être seul,
nodule unique, ou multiples, goitre multi nodulaire. Normalement, les
nodules n’ont pas d’effet sur le fonctionnement de la glande.
Souvent le traitement des nodules impliquera une chirurgie qui entraînera
une exérèse partielle ou complète de la glande
thyroïde. Les oto-rhino-laryngologistes sont formés et
qualifiés pour effectuer de telles chirurgies. Les nodules et le goitre Complètement asymptomatiques, les nodules thyroïdiens
sont relativement fréquents. En fait, si on fait des échographies
du cou à la population générale, on retrouvera
un ou plusieurs nodules chez une personne sur deux, principalement
les femmes. Mais comme souvent ces nodules ne mesurent pas plus de
quelques millimètres, ils n'ont aucune importance clinique.
Environ 5 à 10% des gens présentent des nodules palpables.
Ceux-ci sont généralement découverts lors d'un
examen annuel, effectué par le médecin de famille, ou
par le patient lui-même qui se rase ou qui se met de la crème
dans le cou. Le nodule thyroïdien, dont on ignore les causes, se distingue
d'une adénopathie ou d'une autre masse parce qu'il est mobile à la
déglutition. La cytoponction constitue l'arme diagnostique de
choix. Il s'agit d'un examen très rapide, consistant à insérer
une aiguille sous la peau (après avoir réalisé une
anesthésie locale) et à aspirer quelques cellules dans
le but de les faire analyser. Dans 85% des cas, la cytoponction fournira assez de cellules pour
permettre de préciser le diagnostic. Parmi ces patients, une
personne sur vingt aura la confirmation d’un cancer et devra
se faire opérer et traiter. Trois personnes sur quatre se feront
dire que le nodule est bénin, ne nécessiteront aucun
traitement spécifique et seront suivies par leur médecin
afin de s’assurer que le nodule n’augmente pas en taille
avec le temps. Pour une personne sur cinq, la cytologie sera suspecte
et nécessitera une biopsie chirurgicale qui consiste en l’ablation
de la moitié de la glande afin de préciser la nature
du nodule. Finalement, 15% de patients chez qui il est impossible d’avoir
assez de cellules pour les classifier, malgré trois cytoponctions,
le risque de cancer demeure à environ 10% et généralement
une biopsie chirurgicale sera proposée pour préciser
la nature du nodule, bénin ou malin. L’échographie thyroïdienne sera utile pour les glandes
augmentées de volume chez qui on est incapable de préciser
si il existe ou non un nodule. Elle permet aussi de différencier
les nodules liquidiens ou kystiques, toujours bénins, des nodules
solides qui peuvent être malins. De plus, pour certains nodules
difficilement individualisables, on effectuera la cytoponction sous échographie.
Enfin, l’échographie peut être utilisée dans
le suivi de certains nodules difficiles à mesurer lors de l’examen
physique. Certains patients présentent une augmentation diffuse de la
glande ou goitre thyroïdien sans nodule. Si l'augmentation de
la glande thyroïde du patient est telle qu'elle comprime sa trachée
et son oesophage, lui occasionnant des problèmes fonctionnels
(déglutition ou respiration difficile), il faudra aussi procéder à une
chirurgie pour soulager les symptômes. Une thyroïdectomie
totale est aussi nécessaire si l'on est incapable de contrôler
médicalement un goitre toxique ou hyperthyroïdien. Les cancers Différentes sortes de cancers peuvent s'attaquer à la
thyroïde. Les plus fréquents sont le carcinome papillaire,
qui représente de 80% à 90% des cas et le carcinome folliculaire
qui représente quant à lui 5% à 10% des cas. Ce
sont des carcinomes différenciés de la thyroïde,
où le cancer ressemble à du tissu thyroïdien plus
ou moins normal. Ils ont un excellent pronostic, surtout chez les femmes âgées
de 20 à 60 ans, qui ont un taux de guérison supérieur à 90-95%. Deux autres cancers, très rares, comptent à eux deux
pour moins de 5% des cas mais présentent un taux de guérison
très faible. Le premier, le cancer médullaire de la thyroïde
est d'incidence familiale, et le second, le cancer indifférencié de
la thyroïde, entraîne la mort en moins de six mois. Une biopsie chirurgicale ou hémithyroïdectomie s'impose
pour les nodules suspects. L'oto-rhino-laryngologiste pratique une
incision horizontale centrée sur la ligne médiane d'environ
six centimètres au niveau du cartilage cricoïde (portion
inférieure du cou). Si elle se révèle cancéreuse,
on enlève l'autre moitié. De même, si des ganglions
sont identifiés dans le cou, il faut les retirer; c'est ce qu'on
appelle un évidement cervical. Six semaines après une thyroïdectomie totale, l'hormone
thyroïdienne n'est plus présente dans le sang et l'on administre
une dose unique d'iode radioactif, qui brûlera les cellules thyroïdiennes
cancéreuses et normales restantes. Ceci n’équivaut
ni à une chimiothérapie ni à une radiothérapie
et ne comporte pratiquement aucun effet secondaire. Le patient est
ensuite examiné en médecine nucléaire, question
de voir si l'iode radioactif n'aurait pas été capté ailleurs,
par des métastases par exemple, qui n'auraient pas été détectables
autrement. Deux types de complications peuvent survenir lors d'une thyroïdectomie
totale. Si l'on blesse l'un des nerfs récurrents laryngés,
situés de chaque côté de la thyroïde, un problème
de voix peut advenir, puisque chaque nerf fait bouger une des deux
cordes vocales. Cela est très rare. Il est encore plus rare
qu'on blesse les deux nerfs, mais, lorsque c'est le cas, cela entraîne
des difficultés respiratoires pouvant entraîner une trachéotomie
(trou pour respirer dans le bas du cou). Le deuxième type de
complications, le plus courant, concerne les quatre parathyroïdes,
les glandes qui contrôlent le taux de calcium dans le sang et
qui sont accolées à la glande thyroïde . Dans 7%
des cas, ces quatre petites glandes peuvent cesser de fonctionner de
façon transitoire, quelques semaines à quelques mois.
Les patients présentent alors une diminution transitoire du
calcium dans le sang. Ils doivent donc prendre des suppléments
de calcium et de vitamine D pour une certaine période de temps.
Pour 2% des cas, cette hypocalcémie sera permanente. Pour une hémithyroïdectomie, lorsqu’il n’y
a pas de cancer, la convalescence dure deux à trois semaines.
Elle dure environ deux mois pour une thyroïdectomie totale, étant
donné que le patient devient hypothyroïdien après
l'intervention et qu'on doit attendre d'avoir administré l'iode
radioactif avant de prescrire un supplément thyroïdien,
pilule qui remplacera l’hormone qui était produite par
la glande et qui doit être prise une fois par jour, tous les
jours .
Vivre sans sa glande thyroïde ne comporte aucun désagrément,
si ce n'est de devoir absorber un supplément thyroïdien quotidiennement.
Cela n'est toutefois pas réservé aux seules personnes ayant été opérées,
puisque un pourcentage significatif de la population devient aux prises
avec une glande thyroïdienne ne fonctionnant pas suffisamment avec
l’âge.
VPH - Le virus du papillome humain et son rôle dans les cancers de la tête et du cou 
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